«C'est un désastre! Redonnez-moi mon bac de recyclage!» Constantin Dimakis, de la rue Saint-Urbain, habite l'un des 3000 logements qui testent le fameux bac-sac, ce panier de plastique nouveau genre qui fait l'objet d'un projet-pilote dans trois arrondissements de Montréal.

Mis à jour le 31 janv. 2010
François Cardinal
François Cardinal CYBERPRESSE

Censés n'accueillir que les matières recyclables, ces contenants recueillent aussi les critiques, a-t-on pu constater en frappant à plus 20 portes du Plateau et de Côte-des-Neiges.

«Je n'en veux pas! lance Hector Vasquez, de la rue Coolbrook. Rien ne rentre dedans. Ils fendent à rien. Tous les bacs-sacs de mes voisins sont brisés!»

Près des deux tiers des testeurs rencontrés ne s'habituent tout simplement pas à ce nouvel outil de cueillette. Trop haut et trop difficile à transporter, dit Michelle Marek. Les côtés fendent trop facilement, selon Louis Costa. Les rabats et la poignée s'arrachent en quelques semaines, déplore Martin Provost.

De l'avis général, le bac-sac est en effet beaucoup trop fragile, surtout en hiver. Une petite marche dans les quartiers visés le confirme : la majorité des contenants sont en bien piètre état, même s'ils n'ont été distribués qu'il y a quelques mois à peine.

Un échec, le bac-sac? «Nous sommes conscients que des correctifs sont nécessaires, soutient Valérie De Gagné, de la Ville de Montréal. Mais nous souhaitons poursuivre le projet-pilote pour avoir un portrait général du produit.»

La question se pose donc : l'administration municipale devrait-elle développer le produit jusqu'à ce qu'il réponde à ses attentes, au risque de s'aliéner les citadins? La plupart des Montréalais rencontrés, en effet, ne voulaient pas du bac-sac, même s'il était solidifié. La moitié préférait la situation antérieure, c'est-à-dire le bon vieux bac de 64 litres, l'autre moitié les sacs de plastique transparent, adoptés par l'arrondissement Ville-Marie. «Le sac, c'est la solution idéale», résume Lucie Pelletier.

Soyons honnête, le retour au statu quo ante n'est pas tellement envisageable : en plus d'être petit, le bac traditionnel est synonyme de malpropreté. Un coup de vent et tout s'envole. Mais le sac de plastique, lui, a peut-être de l'avenir.

Selon l'expérience de l'arrondissement Ville-Marie, le sac a deux grands mérites : il induit une grande propreté et il permet aux citadins d'accumuler une plus grande quantité de déchets recyclables. Entre 2006 et 2007, année d'introduction des sacs, le taux de recyclage a grimpé de 40 % au centre-ville, passant de 93 à 131 kg par personne. C'est énorme!

En revanche, le sac est un rebus, comme le rappelle le Front commun pour une gestion écologique des déchets. Une fois au centre de tri, il rejoint ses amis les sacs d'emplette dans d'énormes ballots que l'on... entrepose. Du moins voilà la situation depuis la crise du recyclage, depuis que la Chine a cessé d'acheter les matières. «Nous n'envoyons rien à l'enfouissement, nous entreposons en attendant un acheteur», explique Michel Parent, du centre de tri de Montréal.

Dans une telle situation, le moindre mal doit primer. Les sacs permettent d'améliorer les taux de recyclage de façon substantielle, mais ils constituent un déchet supplémentaire... à condition d'être enfouis.

Plutôt que de dépenser temps et énergie à améliorer un produit qui pourrait ne jamais trouver la faveur du public, ne vaudrait-il pas mieux s'assurer que les sacs sont recyclés, développer le marché de la récupération de ces plastiques souples? Non seulement cela serait facilité par la multiplication des sacs à la grandeur de la ville, on réglerait du coup le problème des sacs d'emplette, non?

Le iPad est-il vert?

Ce fut certainement l'annonce de la semaine: le iPad de Apple débarque dans nos vies. Est-il vert? Sans une analyse du cycle de vie, il est bien difficile de dire si ce produit est plus écolo que le journal papier, qui nécessite la coupe d'arbres. Mais on peut néanmoins s'attarder à certaines caractéristiques, à commencer par le caractère recyclable du boîtier en aluminium et en verre. Intéressant. Mais ce qui l'est encore plus, c'est la liste des produits qu'il ne contient pas: arsenic, mercure, ignifugeants bromurés et PVC. En comparaison avec les autres produits électroniques, l'impact du iPad est donc moindre.

Photo: Reuters

Les ados, ces goinfres...

Les adolescents, c'est bien connu, mangent beaucoup. Mais ils sont aussi de grands gourmands... d'énergie, nous apprend une étude allemande de l'entreprise "E wie Einfach", citée par l'AFP . Si un bébé génère une facture en électricité de 83 euros et un enfant âgé de 3 à 6 ans, de 99 euros, les adolescents consomment l'équivalent de 157 euros d'électricité chaque année. La raison? Leur intérêt pour la télévision, les jeux électroniques et les ordinateurs. Un jeune de 13 à 17 ans entraîne à lui seul une hausse moyenne de 19% de la facture énergétique par rapport à un couple sans enfants...

Photothèque La Presse

Un iPod solaire

Parallèlement au iPad, Apple travaillerait actuellement à la conception d'un iPod solaire. Selon le site Clean Technica, une demande de brevet a été déposée en ce sens : on y voit le célèbre lecteur de mp3 ainsi qu'une surface à quatre carrés solaires. Une batterie serait incluse en cas de noirceur.