Qu'est-ce qui s'est dit, qu'est-ce qui s'est passé dans le vestiaire des Alouettes, à la mi-temps, dimanche, au match de la Coupe Grey ? Comment Marc Tretstman s'y est-il pris pour calmer Anthony Calvillo et lui permettre de retrouver sa vision exceptionnelle du jeu et ses marques derrière la ligne de mêlée?

Mis à jour le 1er déc. 2009
Réjean Tremblay LA PRESSE

Calvillo m'aura fait rager pendant une heure. Je devais être comme le million de téléspectateurs qui suivaient le match à RDS et qui devaient se dire «pas encore».

Quand Calvillo, comble de malheur, a échappé le ballon dans la zone rouge des Alouettes et que les Riders se sont retrouvés à la ligne de 8, j'ai pensé que ses dénigreurs avaient raison et que je m'étais trompé. Anthony n'avait pas «la dureté du mental» qu'il fallait pour gagner la Coupe Grey.

Il n'était pas le seul. Plusieurs joueurs ont commis des erreurs de nervosité. On sentait que les joueurs des Alouettes avait été surpris par l'âpreté du match. La victoire contre les Lions de Vancouver avait tellement été facile et si éclatante que, dans leur for intérieur, les gars de Trestman devaient se dire que les Riders subiraient le même sort.

D'ailleurs, Trestman a choisi de recevoir le ballon au départ du match parce qu'il pensait que son équipe serait capable d'aller marquer dès la première série de jeux. Question de reprendre l'avantage du terrain et de faire subir la pression aux Riders. C'est une grenade qui lui a explosé entre les mains.

Par ailleurs, celui qui a fait les images de tous les réseaux canadiens avec son botté victorieux est sans doute celui qui mériterait le plus le bonnet d'âne. Damon Duval a connu un match atroce. Il a raté plusieurs bottés de dégagement qui ont coûté des points aux Alouettes et qui ont contribué à leur donner une mauvaise position sur le terrain. Et on sait qu'il avait raté son placement à la toute fin.

Mais surtout, quand Pierre Vercheval, le meilleur analyste tous sports confondus à la télévision francophone au pays, souligne que Duval a été le seul joueur des Alouettes à manifester son mécontentement envers certains coéquipiers, ça en dit long sur son match. Mais peut-être qu'on est moins gêné de chialer quand on est le gendre de Larry Smith, le président des Alouettes.

Impeccables arbitres

Un mot que j'estime important sur les arbitres. À part une erreur sur un attrapé des Riders à la ligne d'une verge des Alouettes, ils ont été impeccables. Et contrairement aux zèbres de la Ligue nationale de hockey, qui sont retombés dans leurs vilaines habitudes de vouloir éviter toute punition qui aurait un impact direct sur la victoire ou la défaite, ils ont eu le courage de donner la punition suprême sur le dernier jeu du match. En faisant leur travail, tout simplement, ils ont permis aux Alouettes de gagner la Coupe Grey.

Mais compte tenu de l'extraordinaire saison que les Z'oizeaux ont connue, cette Coupe, ils la méritaient.

De beaux gars, de beaux athlètes, une belle équipe.

L'Impact et les Alouettes ont gagné leur championnat respectif, ne reste plus au Canadien qu'à les imiter.

Bute et Québec

J'ai évidemment suivi avec passion le combat entre Lucian Bute et Librado Andrade. Un grand affrontement quand on aime les mises hors de combat spectaculaires. Sinon, ce fut un combat à sens unique même si Bute a eu besoin de deux rondes pour se mettre en marche.

Le Roumain vient de faire la preuve qu'il peut se frotter aux meilleurs de tout acabit dans sa catégorie. Il est fort, il est habile, il est passionné et il travaille dur à l'entraînement. Et de plus, avec Stéphan Larouche, Éric Lucas et Jean Bédard, il est bien entouré. Ce gars-là ne sera jamais envoyé à l'abattoir. Ça peut arriver qu'il perde un combat, ça va certainement arriver, mais quand il va monter dans un ring, il aura une chance sérieuse de gagner le match et de sauver sa peau.

Ce fut également une soirée triomphale pour Québec. Depuis deux ans, en fait depuis que Régis Labeaume est le maire de la Capitale, on dirait que l'ancien village ne peut rater quoi que ce soit. La soirée a été bien réalisée par Michel Quidoz pour HBO et les images de Québec qu'on a présentées à travers les États-Unis étaient alléchantes et bien léchées.

Par ailleurs, le fait que Michael Buffer ait choisi de présenter en français et en anglais les combats principaux a lancé une invitation aux Américains. Si vous avez peur d'aller en Europe, venez faire un tour à Québec. Vous restez proches de chez vous, ça parle français et vous aurez un goût de la France sans que ça vous coûte trop cher. Quand un pays est près de la dépression, on préfère les petits voyages qui ne se payent pas en euros.

DANS LE CALEPIN Denis Coderre, l'ancien secrétaire d'État aux sports qui a mené campagne pour amener à Montréal l'Agence anti-dopage en 1999, s,est envolé pour la Suède hier soir. La réunion des membres marquant le 10ème anniversaire de fondation de l'organisme, aura lieu à Stockholm cette semaine et Coderre, comme membre fondateur, a été invité aux cérémonies. Si Coderre est en Suède, ça veut dire que Michael Ignatieff n'y sera pas...

Il faut souligner le travail formidable de RDS pour la diffusion du match de la Coupe Grey. Nous n'avons rien raté de chaque jeu. De plus, les caméras se sont éternisées dans le vestiaire des champions après leur victoire et c'était ce qu'il fallait faire. Je ne me rappelle pas avoir vu un vestiaire aussi endiablé après une victoire importante. Faut dire que les circonstances étaient pour le moins spéciales. Pendant ce temps, à Occupation double, Guillaume choisissait Marie-Ève aux dépens de Sophie. On se pouvait plus...