En marge du débat des chefs diffusé lundi sur les ondes de Radio-Canada et RDI, Louise Harel y est allée d'une charge à fond de train contre la garde rapprochée du maire Gérald Tremblay, l'accusant d'avoir incité un individu à livrer aux médias un témoignage incriminant Benoit Labonté.

Mis à jour le 21 oct. 2009
Nathalie Collard
Nathalie Collard LA PRESSE

La chef de Vision Montréal a nommément identifié Christiane Miville-Deschênes, conseillère du maire et spécialiste de gestion de crise, qui aurait encouragé un organisateur de M. Labonté à aller livrer un témoignage au Directeur général des élections du Québec (DGEQ). La principale intéressée a nié.

 

Mme Harel «s'enfarge» dans les fleurs du tapis. Pour l'instant, l'important n'est pas de savoir d'où vient l'information divulguée la fin de semaine dernière, mais plutôt de s'assurer qu'elle est exacte. Or elle l'était suffisamment pour mettre fin à la carrière politique de M. Labonté en l'espace de 48 heures.

Mme Harel a tout faux lorsqu'elle tente de détourner l'attention des électeurs en tirant sur le messager. Samedi elle accusait les médias, dimanche elle critiquait le recours aux sources anonymes, lundi elle dénonçait les tactiques de l'adversaire. Oui, les coups sont bas dans cette campagne, coeurs sensibles s'abstenir. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas faire face à la musique. C'était la tactique utilisée par le maire Tremblay il y a quelques mois, lorsque les scandales se succédaient, alors qu'il accusait les médias de s'acharner sur son administration. Cela ne l'a pas servi.

Mme Harel s'est lancée en politique pour faire le ménage. Elle devrait remplacer son balai par un aspirateur hyperpuissant: il reste peut-être des traces du passage de Benoit Labonté à Vision Montréal. Elle doit s'assurer que tous ceux et celles qui ont trempé de près ou de loin dans la campagne de financement occulte de l'ancien chef de Vision Montréal ne font plus partie de son entourage. Son propre parti doit être plus blanc que blanc si elle veut pouvoir attaquer son principal adversaire sur l'intégrité.

On le constate, la question du financement des partis est au coeur de cette campagne. Actuellement, le parti du maire Tremblay, Union Montréal, fait l'objet d'une enquête du DGEQ. On examine certaines factures de la firme de communication Octane ainsi que des faits qui se seraient déroulés dans l'arrondissement d'Outremont. Hier, le ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, Claude Béchard, a annoncé que son gouvernement allait resserrer les règles sur le financement des courses à la direction des partis. Le ministre dit également souhaiter revoir la règle qui autorise 20% de dons anonymes. Bonne idée, cette règle devrait être abolie. Des trois partis, c'est l'approche de Projet Montréal qu'il faut adopter: un financement populaire et transparent. Il faudrait également songer à un plafond de dépenses électorales beaucoup plus modeste. Le gouvernement Charest rejette toujours la tenue d'une enquête publique. Pourtant, elle semble plus pertinente que jamais.