Montréal est en déni. Plutôt que d'embrasser son climat nordique, la ville et ses habitants accueillent l'hiver comme une catastrophe chaque année. Or le froid sibérien des derniers jours demeure une exception. L'hiver montréalais n'est pas si désagréable, au contraire. Pourquoi ne pas l'exploiter davantage plutôt que de le combattre comme nous le faisons?

Mis à jour le 18 janv. 2009
Nathalie Collard
Nathalie Collard LA PRESSE

Il suffit d'aller visiter le site de Tourisme Montréal pour constater à quel point nous nous racontons des blagues: la superbe vidéo promotionnelle qui accueille le visiteur lui présente un Montréal 100% estival. Pas un seul flocon, que des images de festivals en plein air, de terrasses et de marchés publics. Un peu plus et on se croirait à Barcelone...

 

Ce refus d'accepter la réalité d'une moitié de l'année nous nuit énormément.

If you can't beat them, join them, disent les Anglais. C'est l'attitude que nous devrions adopter pour traverser les mois de novembre à mars sans devenir fous.

Pourquoi ne pas faire de Montréal LA ville d'hiver en Amérique du Nord? Bien sûr, on compte déjà quelques événements hivernaux: Igloofest qui débutait ce week-end, La fête des Neiges, qui commence samedi prochain, et le Festival Montréal en lumières, à la fin février. Le problème c'est que ces deux événements ne durent pas assez longtemps. La fête des Neiges, par exemple, devrait offrir des activités tous les week-ends, de décembre à la fin mars (en autant qu'il y ait de la neige). Montréal a l'immense chance d'avoir deux îles à proximité du centre-ville, accessibles par métro. Pourquoi ne pas y développer des activités hivernales comme on l'a fait au mont Royal: pistes de ski de fond, raquette, promenade en traîneau à chien et patinoire. Ce ne sont pas tous les Montréalais qui ont accès à un chalet pour pratiquer des sports d'hiver.

Bien sûr, hiver ne rime pas avec plein-air pour tout le monde (et Montréal ne recevra pas toujours de si importantes quantités de neige). L'urbain pur et dur devrait lui aussi pouvoir trouver quelques agréments à vivre dans une ville au climat nordique.

Pour rendre les débuts d'hiver plus conviviaux, Montréal devrait importer le concept de marché de Noël, ces charmantes échoppes qu'on retrouve dans certaines villes scandinaves et européennes (la ville de Longueuil en compte un) où on peut s'arrêter pour boire un verre de vin chaud, manger une bouchée et acheter un objet artisanal. Dans le même ordre d'idée, on devrait transformer la rue Prince-Arthur en immense terrasse hivernale. Il suffit de chauffer les terrasses avec des braseros et d'offrir des couvertures chaudes aux clients pour que cette rue abandonnée durant la saison froide devienne un incontournable de l'hiver montréalais.

Montréal n'exploite pas suffisamment son potentiel hivernal. Comment se fait-il qu'on ne patine toujours pas sur le canal Lachine? Pourquoi ne transforme-t-on pas certaines pistes cyclables en piste de ski de fond lorsqu'il y a suffisamment de neige? Comment se fait-il que notre centre-ville s'endort dès le premier flocon de neige? Faudra-t-il que Montréal se dote d'un conseiller à l'hiver?