Habituée aux hôpitaux modernes et équipés du Québec, la gynécologue-chirurgienne Julie Bertrand atterrit au Burkina Faso avec son collègue Anthony Kabré pour accomplir, pendant un mois, une mission à la fois frustrante et difficile : soulager la douleur de jeunes femmes excisées qui, en plus de souffrir, sont rejetées par leurs proches.

Mis à jour le 4 févr. 2010
Nathaëlle Morissette LA PRESSE

Voilà le point de départ de Princesse Yennenga, une nouvelle télésérie écrite par Réjean Tremblay, dont le tournage se fera au Burkina Faso et qui pourrait être diffusée sur les ondes de Séries+ en 2012.

En planchant sur son scénario, l'auteur a déjà songé aux visages qu'il souhaite donner à ses personnages. Pour incarner Julie Bertrand, alias princesse Yennenga, il estime que Marina Orsini, Julie Le Breton, Julie Du Page, Sophie Prégent ou encore Mahée Paiement feraient bonne figure.

Aucune d'entre elles n'a toutefois été sollicitée pour le moment à ce sujet. Rappelons que Marina Orsini a déjà joué le rôle d'un médecin en 2000 dans la série Dr Lucille - Un rêve pour la vie, sur le travail de la Dre Lucille Teasdale, qui a oeuvré en Ouganda.

Quant au rôle d'Anthony Kabré, le collègue de l'héroïne, fils de parents burkinabés qui a grandi au Québec, «je l'ai écrit en pensant à Anthony Kavanagh», mentionne Réjean Tremblay, d'où le prénom donné au personnage.

Après les amphithéâtres de hockey de Lance et compte et la salle de rédaction de Scoop, la nouvelle série de l'auteur se déroulera dans un décor africain : à Ouagadougou, la capitale, et dans quelques petits villages environnants. C'est d'ailleurs à la suite de trois séjours au Burkina Faso que l'idée de Princesse Yennenga - personnage adulé sorti tout droit d'une légende africaine - est née.

«À mon deuxième voyage, j'ai rencontré une Mme Kabré qui s'occupe des femmes fistuleuses : ces jeunes filles qui, à l'âge de 11, 12 ans, se font exciser, souvent à froid, raconte-t-il. Pour certaines d'entre elles, il arrive que les plaies ne guérissent pas bien et qu'elles durcissent. Lorsqu'elles accouchent, ça éclate. Les selles et l'urine s'échappent par le vagin. Imaginez l'odeur.»

Résultat : en plus d'endurer des souffrances extrêmes, ces femmes sont bannies de leur village parce qu'elles sont considérées comme impures. Rejetées, on leur retire même leur enfant. Elles vivent à trois ou quatre dans de petites cases en béton, dépourvues de tout confort.

«C'est l'enfer sur terre!» lance l'auteur sans détour.

Choc culturel

Ce sont donc ces femmes mutilées qu'iront opérer les deux personnages centraux de la série, qui sera présentée en cinq épisodes d'une heure. En mettant le pied dans ce pays, ces médecins auront un véritable choc culturel : le manque d'équipement médical, les rapports hommes-femmes, les traditions...

Reste maintenant à savoir si, au terme de leur mission d'un mois, Julie Bertrand et Anthony Kabré voudront revenir à Montréal, dans leur ancienne vie, ou s'ils décideront de s'enraciner dans un pays qu'ils ont appris à connaître. Un dilemme que l'auteur ne semble pas avoir encore tranché. Comme la télésérie sera également diffusée au Burkina Faso, il lance à la blague qu'il tournera deux fins : «Dans la version québécoise, les deux médecins rentreront au bercail et, dans l'autre, ils resteront en Afrique!» dit-il en riant.

Par ailleurs, Princesse Yennenga, dont le budget est évalué à 3,7 millions, pourrait se retrouver au petit écran dans deux ans. Pour la phase de développement, le projet a obtenu le feu vert du Fonds canadien de télévision.

Si tout se passe comme prévu, le tournage pourrait avoir lieu en juillet, août et septembre, après la saison des pluies. L'auteur souhaiterait que la télésérie prenne l'antenne en janvier 2012.