Le chroniqueur Richard Martineau s'est défendu d'être un briseur de grève et a promis de poursuivre sa collaboration avec le Journal de Montréal, hier, lors d'un passage houleux à l'émission Tout le monde en parle.

Mis à jour le 2 févr. 2009
Martin Croteau LA PRESSE

«J'espère que ça va se régler très rapidement et j'espère que, d'ici là, vous allez arrêter de dire que je suis un scab, ce que je ne suis pas», a-t-il dit au président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc.

 

Le leader syndical, qui représente 253 travailleurs en lock-out depuis le 24 janvier, attendait le chroniqueur de pied ferme sur le plateau de Guy A. Lepage. Contrairement à Martin Brodeur, Raymond Gravel, Daniel Green, Bernard Landry et Gilles Proulx, Richard Martineau a affirmé son intention de poursuivre sa collaboration avec le quotidien malgré le conflit de travail.

M. Leblanc a ridiculisé cette décision tout en admettant qu'il ne lit pas ses chroniques.

«Ils ne vous engagent pas parce que c'est bon, ce que vous faites, a-t-il raillé. Ils vous engagent parce que c'est moins cher. Vous coûtez moins cher.»

Le syndicat accuse ceux qui continuent de signer des chroniques dans le quotidien d'étirer le lock-out, car ils permettent à une équipe réduite de cadres de remplir les pages du journal.

M. Martineau s'est fermement défendu face aux attaques du chef syndical. Il dit avoir accepté d'écrire pour le Journal de Montréal à la condition expresse de rester pigiste, c'est-à-dire de ne pas être embauché comme employé syndiqué. Il souligne d'ailleurs que le syndicat «ne lèvera pas le doigt» pour le défendre s'il devait être remercié.

«Vous me demandez le pire des deux mondes, a-t-il affirmé. Je ne serai pas protégé et, en plus, je vais sacrer là ma job, que j'adore et qui me paie bien.»