Sept longues minutes. Le chef d'antenne de TVA, Pierre Bruneau, a claironné à 21 h 53 la formation du gouvernement conservateur, soit sept minutes avant son grand rival de Radio-Canada, Bernard Derome.

Mis à jour le 15 oct. 2008
Hugo Dumas LA PRESSE

Ce n'est qu'à 22 h (et 36 secondes, pour être précis) que la voix de stentor de présentateur vedette de la SRC a lâché son célèbre «si la tendance du vote se maintient...». Un délai difficilement explicable, compte tenu de l'impressionnante machine électorale de la télévision publique, déployée d'un océan à l'autre.

 

Pour le statut minoritaire ou majoritaire du gouvernement conservateur, il a fallu patienter jusqu'à 22 h 46 quand Radio-Canada a clarifié le statut minoritaire du parti dirigé par Stephen Harper. TVA a sauté dans le train quelques secondes plus tard. Donc, une quasi-égalité.

Pendant toute la durée de cette soirée, pour copier le langage coloré de 110 %, TVA a été plus rapide «sur la rondelle» que Radio-Canada. C'est TVA qui a diffusé les premières images de Maxime Bernier, de Josée Verner et d'Elizabeth May. Avec ses gros graphiques clairs et percutants, son décor aux couleurs vitaminées et la fluidité des échanges entre tous ses collaborateurs, le «vrai réseau» a présenté une soirée captivante et hyper-dynamique.

En bourgogne, la bande défilante de TVA se lisait mieux que celle - grise et plus modeste - de la SRC. Excellente idée de TVA d'extraire les résultats du vote au Québec (sur un bloc bleu) de ceux de tout le pays (en rouge).

Chez Radio-Canada, Bernard Derome, qui pilotait sa 20e soirée électorale, a souvent bafouillé et interrompu ses collaborateurs pour des peccadilles. À ses côtés, Emmanuelle Latraverse, Michel C. Auger, Daniel Lessard et Céline Galipeau ont été très solides, livrant résultats et entrevues avec un aplomb remarquable.

De retour à TVA, les échanges entre Sophie Thibault et Jean-Marc Léger ont été courts, pertinents et punchés. À Radio-Canada, on sentait la lourdeur des mécaniques de coulisses.

TVA a marqué des points dès le début en affichant - en permanence - le décompte avant le dévoilement de «vos résultats». Une astuce payante. Rapides sur la détente, les reporters de TVA ont balayé tout le Québec en quelques minutes (l'analyste Jean Lapierre n'a même pas lâché son BlackBerry, auquel il se cramponnait comme à une bouée), tandis que Radio-Canada présentait un long résumé de la campagne. Mauvais choix.

Autre astuce intéressante: TVA a démarré sa couverture électorale à 20 h 59, soit une minute avant celle de Radio-Canada. Les sondages BBM confirmeront sans doute aujourd'hui que TVA a hameçonné une plus grande quantité de téléspectateurs. C'est ma petite prédiction électorale.