De novembre à mai, l'école secondaire Saint-Louis, située sur le Plateau Mont-Royal, sera envahie par une petite armée de danseurs, de chorégraphes, de musiciens et autres créateurs du monde de la danse qui prendront littéralement le contrôle des classes, quelques heures par semaine.

Mis à jour le 29 oct. 2008
Stéphanie Brody, collaboration spéciale LA PRESSE

Il ne s'agit pas ici de donner des cours de danse, mais plutôt de se servir de la danse pour aborder l'histoire, le français, les sciences ou même les mathématiques. Voilà la mission que s'est donnée l'Agora de la danse, dans le cadre du projet pilote Rési'danse.

 

«Les élèves seront amenés à vivre leurs matières scolaires en se servant de leur propre corps, explique le chorégraphe Pierre-Paul Savoie, directeur artistique de Rési'danse. En même temps, cela nous permet de les initier à la pratique de l'art contemporain, négligée par le cursus scolaire.» Savoie, le danseur-animateur Simon Ampleman et les artistes invités ont ainsi élaboré plus d'une dizaine d'ateliers, en étroite collaboration avec le corps professoral des niveaux I à V.

Ainsi, en physique, les jeunes expérimenteront la danse avec partenaires, mettant en pratique des notions de gravité, de contrepoids ou d'effet de levier. En biologie, quoi de mieux que d'exécuter soi-même des flexions, des rotations, des supinations ou des pronations pour maîtriser le vocabulaire lié à la mécanique du corps. Et en histoire, la compagnie de danse et de musique baroque Les Idées heureuses les transporteront au coeur de la bourgeoisie de la Nouvelle-France.

Même la professeure d'éthique et culture religieuse y trouve son compte, puisque ses élèves travailleront avec la danseuse et chorégraphe tétraplégique France Geoffroy. «L'enseignante est enchantée parce que cela développera certainement leur empathie», explique Sophie Côté, directrice artistique du programme d'art dramatique à l'école St-Louis.

Côté avoue cependant que les profs de mathématiques étaient sceptiques. Ampleman, qui animera les ateliers scientifiques, les a convaincus en liant danse et géométrie. «Je vais, par exemple, demander aux jeunes de prendre la forme d'un carré, au sol. Puis, selon mes instructions, ils devront bouger de manière à exécuter une translation, suivie d'une rotation sur un point de pivot précis, puis d'une réflexion... En fin de compte, chacune des transitions mises bout à bout crée une chorégraphie! Cela les initie aussi aux méthodes de travail du chorégraphe.»

Rési'danse, c'est aussi des midis ciné-club au café de l'école, animés par Savoie, qui présentera des films tirés des créations de Jean-Pierre Perreault, Édouard Lock ou Rubberbandance Group. S'ajoute aussi une activité parascolaire, en partenariat avec le YMCA du Parc.

«La clientèle de la zone jeunesse du YMCA et les élèves de l'école Saint-Louis qui se seront inscrits à ce volet créeront ensemble un spectacle de danse, en s'impliquant dans la chorégraphie, mais aussi dans la scénographie, les costumes, les éclairages et la musique. Le résultat sera présenté au printemps, à l'Agora», explique Duchesne, qui sent déjà que Rési'danse suscite la curiosité hors des murs de l'école Saint-Louis.

Du slam dans les cours de français

Une autre activité de médiation culturelle mise sur pied par l'Agora de la danse bat actuellement son plein à l'école secondaire Édouard-Montpetit. Dans le cadre de SQUAT'Agora, réalisé en collaboration avec le Festival international de la littérature, les élèves bougent au rythme du slam dans leurs cours de français! La douzaine d'ateliers est mené par Simon Ampleman et le slameur Ivy.

Navas en supplémentaire

L'Agora de la danse ajoute quatre supplémentaires au spectacle solo Miniatures de José Navas, soit du 5 au 8 novembre. Navas, au sommet de sa forme à 43 ans, s'y livre sans ambages dans sept courts solos, tous plus limpides et troublants les uns que les autres.

 

À l'agenda

> Danse et musique en Nouvelle- France des Idées heureuses, ce soir, à la Salle Marie-Gérin-Lajoie de l'UQAM. Version jeune public à 14h et version concert à 20 h.

> Dean Makarenko et Andrew Foster à Tangente, du 30 octobre au 2 novembre.