Non, la diffusion de l'émission Tout le monde en parlait consacrée aux Cyniques mardi dernier (à voir sur le site radio-canada.ca) ne faisait pas partie d'une campagne de marketing pour faire mousser le lancement en format CD des deux premiers disques des Cyniques: c'est de façon unilatérale - et tout à fait légale - que la maison Universal a lancé ces deux CD il y a quelques jours et qu'elle en lancera trois autres en septembre. Les ex-Cyniques n'avaient pas été prévenus de la chose.

Mis à jour le 14 août 2010
Marie-Christine Blais LA PRESSE

«Nous avions pensé concevoir une espèce de coffret, un «best of» ou quelque chose du genre, nous a expliqué André Dubois, et nous espérions nous entendre à ce propos avec Universal. Mais celle-ci a décidé d'agir et de lancer les disques de son côté. Comme elle a, il est vrai, le droit de le faire.»

Universal a en effet racheté le catalogue de la maison de disques Apex, productrice des premiers disques des Cyniques, de 1966 à 1970. En vertu du contrat signé à l'époque, Apex avait le droit de sortir de son propre chef les cinq albums produits sous son étiquette, mais pas le droit de sortir de nouveau «matériel» sans l'accord des Cyniques. Les albums conçus alors ne sont pas du nouveau matériel. C'est l'interprétation que soutient Universal.

Pris par surprise

«C'est vrai que cette sortie de CD nous a pris par surprise, convient André Dubois, et nous avons donc étudié tous les trois la situation (le quatrième Cynique, Marcel Saint-Germain, est mort en 2007). Mais nous avons joint Universal et les gens là-bas ont été les premiers à reconnaître qu'une entente était souhaitable et qu'il fallait ajuster nos droits d'auteur en fonction des barèmes d'aujourd'hui.» Car les droits d'auteur prévus au contrat d'origine sont plutôt minimes, comme c'était souvent le cas à l'époque. Les Cyniques ont d'ailleurs produit eux-mêmes leurs deux derniers albums, le Volume 6 en 1971 et le double album Exit en 1972.

«La clause précisant que la maison de disques ne pouvait sortir de nouveau matériel nous a tout de même protégés jusqu'ici, indique de son côté Marc Laurendeau. C'est ce qui a empêché qu'on sorte ce que j'appelle nos «retailles d'hosties», c'est-à-dire du matériel que nous n'avions pas retenu pour nos disques.»

Les Cyniques avaient accepté de participer à l'émission Tout le monde en parlait sans savoir que leurs albums allaient ressortir en format CD en même temps: «C'était la première fois en 20 ans que nous donnions une entrevue collective, explique Marc Laurendeau, et nous avions accepté en raison de la facture journalistique et de la mise en perspective historique de l'émission.»

Manifestement, la maison de disques a eu vent de la diffusion de cette émission et a conçu des annonces publicitaires pour les CD, diffusées pendant Tout le monde en parlait.

Les ex-Cyniques, eux, sont confiants d'en arriver à un accord au cours de la rencontre avec la maison de disques prévue cette semaine. Ce serait bien: ils sont vraiment bons, ces CD...