La comédie musicale Hair, qui symbolisa l'effervescence et le pacifisme des années 1960/1970, effectue mercredi un retour à guichets fermés à Belgrade, avec un scénario totalement remanié dénonçant le pouvoir de l'argent et où l'Irak a remplacé le Vietnam.

Mis à jour le 3 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Quarante ans après sa première au théâtre Atelje 212, dans ce qui était alors la capitale de la Yougoslavie communiste, Hair (Kosa) est présenté dans le même établissement en version serbe, avec plus de 40 acteurs, accompagnés de musiciens jouant en direct.

Tout en conservant un «esprit de révolte», Hair s'est actualisée et s'élève «contre tout ce qui menace l'humanité moderne», déclare le metteur en scène, Kokan Mladenovic, à l'AFP.

«Il y a 40 ans, Hair représentait une révolte de la génération flower power contre la guerre, alors que notre Hair est un cri de la génération contemporaine contre un monde fondé sur le pouvoir et l'argent», explique Kokan Mladenovic.

Quelques détails ont été remaniés: les scènes nues, qui avaient tant choqué certains à la fin des années 1960, n'apparaissent plus. Cela est «inutile dans cette ère de pornographie», déclare le metteur en scène.

À la place du Vietnam, les jeunes rebelles de Kosa dénoncent les guerres en Irak et en Afghanistan, mais aussi la consommation débridée, l'acharnement au travail, le réchauffement climatique, la mondialisation et de façon plus générale l'aliénation de l'être humain d'aujourd'hui, selon les organisateurs.

Plusieurs chansons ont été ajoutées aux airs de Hair qui ont fait le tour de la planète, comme celle inspirée du célèbre poème pacifique de l'Américain Allen Ginsberg, Wichita Vortex Sutra, écrit en 1966.

Cette comédie musicale, qui connut un immense succès international et avait été mise en scène pour la première fois à New York en 1968, avait rencontré un grand succès l'année suivante en Yougoslavie communiste.

La Yougoslavie a été le premier pays du bloc communiste a accepté la représentation de la comédie.