Pour fêter ses sept ans, la troupe Les 7 doigts de la main présente, pendant sept fins de semaine dans le Vieux-Port, des cabarets cirque des plus... déjantés!

Mis à jour le 12 août 2009
Mario Cloutier LA PRESSE

C'est la fête! Il n'y a pas de meilleure expression pour décrire ce que Les 7 doigts de la main proposent cet été avec leur cabaret cirque au restaurant Scena.

Après sept ans d'existence et autant de succès, les membres fondateurs ont décidé de s'éclater en montant des spectacles fous fous fous. Chaque fin de semaine, l'un des «doigts» met en scène des artistes de son choix, d'une grande polyvalence, autour d'une idée et quelques numéros de leur répertoire.

Vendredi et samedi derniers, Isabelle Chassé était aux commandes. Inspirée sans doute par le Centre des sciences, situé tout près, la contorsionniste a conçu un genre de jeu scientifique où le maître de cérémonie, Barthélémy Glumineau, et ses assistants s'employaient à «lire» les pensées des uns et des autres, ainsi que celles de la foule.

Cette simple prémisse a permis aux cinq artistes présents de présenter des numéros revus et améliorés, qu'ils maîtrisent au point de pouvoir en tirer quelques hilarants instants d'improvisation. Un seul objectif: faire rire.

C'est le cas d'Isabelle Chassé, qui reprend son numéro de La vie, dernière création des 7 doigts. Ses contorsions en camisole de force sur lit d'hôpital ont bien lancé le spectacle. Idem pour le tout récent diplômé de l'École nationale de cirque, Mick Holsbeke, qui a déjà amélioré la gestuelle, vue en juin dernier, lors de son numéro de jonglerie avec chapeau.

Mais le plus cinglé du groupe, Joseph Pinzon, finissant de l'École en 2005, est celui qui vole la vedette avec un numéro de tissu aérien qu'il fait en chantant Private Dancer de Tina Turner, sans manquer une seule note. Le même artiste chantera plus tard Nasty Naughty Boy en travesti... Surréaliste!

Tout comme le numéro où la troupe réussit le défi de jouer l'histoire du Petit Chaperon rouge en moins de 90 secondes!

«Vous vous demandez qu'est-ce que c'est que cette soirée; nous aussi», a lancé Barthélémy Glumineau, qui ne pouvait si bien dire, lui qui était apparu un peu trop nerveux en début de représentation. Il s'avère également un excellent magicien.

Ce genre de spectacle permet aux artistes de lâcher leur fou tout en démontrant l'étendue de leur talent. Ainsi, excellente contorsionniste, Nadine Louis, chante également assez bien merci. La chanson de Mick Holsbeke, sur le fait qu'il ne parle pas français, rate la cible cependant et s'étire quelque peu.

Quelques longueurs donc, quelques gags ratés. C'est le prix de la démesure que permet l'immense imagination des artistes. Il faut ajouter que le spectacle du week-end dernier ne se qualifie pas non plus dans la catégorie des événements familiaux, même si quelques enfants prenaient place dans l'assistance.

Ces bémols ne doivent pas ternir les efforts extraordinaires des 7 doigts pour étirer encore plus loin l'enveloppe du cirque contemporain. Ils y réussissent la plupart du temps et les voir le faire sans filet, et sans des semaines de préparation, reste un événement fascinant.

Les spectacles sont offerts en forfait repas pour ceux qui le désirent. Le restaurant Scena fait des merveilles pour les papilles pendant que se dilate la rate. La bavette de boeuf et le saumon en sauce valent leur pesant de rires.

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Les 7 doigts de la main au restaurant Scena du Vieux-Port. Tous les vendredis et samedis jusqu'au 12 septembre.