Après trois ans d'absence, Dubosc et Rousseau sont retombés dans les bras l'un de l'autre mercredi, au Saint-Denis, et ce pour quelques soirs. Et comment on fait, nous, pour éviter de tomber dans la redite tant ils sont faits pour être ensemble?

Mis à jour le 16 juill. 2009
Chantal Guy LA PRESSE

Autant de galas et de numéros en duo, toujours la même chimie. Franck Dubosc et Stéphane Rousseau ressemblent un peu à ces couples parfaits qu'on admire et qui nous emmerdent en même temps. Trop beaux, trop heureux, trop complices... Le plus cabotin étant Dubosc pour qui Rousseau fait parfois office de «straight man».

Ils sont apparus sur un immense bateau sous un soleil couchant quétaine au possible, habillés en matelots. «Désolé, a dit Rousseau à son ami. Je n'ai pas pu assister à ton mariage.» «C'est pas grave, il y en aura d'autres», a répliqué Dubosc. Cette fois, ils reconnaissaient avoir depuis trop d'années cultivé l'ambiguïté dans leurs rapports et leur image. Ce qui ne les a bien sûr pas empêchés de continuer à en récolter les fruits toute la soirée. Après tout, c'est leur marque de commerce. Et, contrairement à d'autres galas où les animateurs sont un peu plus en retraits, eux sont véritablement les stars du leur. Gentlemen, ils ont aidé Jérémy Demay, «le plus Québécois des français», à briser la glace, ce qu'il a fait gentiment, dans ce mélange de «franqueb» propre à lui. Est arrivé ensuite Patrick Timsit, dans sa première apparition à titre d'humoriste à Montréal où on le connaît plus comme comédien. Et dans un numéro sur sa femme méchant au possible, où il a poussé l'égocentrisme masculin à son paroxysme. Après une tondeuse et une planche à voile, il a enfin offert un cadeau «plus féminin» à son épouse pour la Saint-Valentin: un lifting. «Mais la méchanceté de cette femme! Elle a encore fait la gueule!». Très bon monologue.

Véronic Dicaire a présenté des extraits de ce fameux numéro qu'elle faisait en première partie de Céline Dion. Cette performeuse est très aimée du public, puisque tous ses passages se soldent par une ovation systématique. Avec autant de puissance dans la voix, c'est normal. Un autre qui est en voie de devenir le chouchou de cette année à Juste pour rire, c'est Dominic Paquet, qu'on voit plus sur une scène qu'à Deux laits un sucre à TQS. Il a refait son numéro présenté au Gala de Mike Ward, avec la même réponse du public, et le même succès.

On était très content de revoir Anthony Kavanagh, l'un des humoristes les plus aimés de part et d'autre de l'Atlantique. Mais il ne semblait pas dans son assiette, bafouillant beaucoup, et livrant un texte assez cliché sur les préjugés dans notre société. Décalage horaire? Migraine? On ne s'inquiète pas trop, connaissant son immense talent, mais c'était l'une des apparitions les moins flamboyantes de la soirée (ce qui n'est pas normal dans son cas!).

Nos deux hôtes ont proposé chacun un solo, se présentant l'un et l'autre. Dubosc, en racontant sa pénible adolescence et un dépucelage qui lui a semblé comme le Vietnam. Toujours au poil, ses monologues faussement intenses, dans lesquels il y a tellement de vrai. De son côté, Rousseau a proposé un numéro sur le thème «Le monde est malade», ce qu'il a pu constater en achetant des souliers, en signant des autographes et en passant aux douanes... C'est cependant en duo - et même en trio - qu'ils sont complètement déchaînés. Leur numéro parfaitement absurde à la Brokeback Mountain avec Florence Foresti en était la preuve. Indescriptible.

Gala très généreux, qu'on a dû quitter pour l'heure de tombée après 2h30 sans entracte en plus, et c'était loin d'être fini. On a raté les prestations de Florence Foresti et Bale de Rua, mais notre espion sur les lieux nous a confirmé que le bateau s'est rendu à bon port sans problème.