Véronic DiCaire avait tout prévu pour sa grande rentrée parisienne d'hier soir... sauf le rappel que la centaine de spectateurs venus la voir au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse lui a réclamé au terme de sa performance d'une heure.

Valérie Lessard LE DROIT

L'imitatrice, chanteuse et humoriste était en train de recevoir les félicitations de son producteur Gilbert Coullier dans sa loge, quand le régisseur est venu la chercher en catastrophe.

«J'étais tellement énervée que j'ai failli me tromper de porte et me retrouver dans les toilettes au lieu de sur la scène!» a raconté Véronic DiCaire en riant, quelques minutes après son spectacle. Visiblement émue par l'accueil du public, l'artiste était revenue, un peu plus tôt, devant la foule pour remercier les gens.

«On n'oublie jamais notre première fois. C'était la première fois que je donnais un spectacle seule à Paris et je ne vous oublierai jamais, leur a-t-elle dit, les larmes aux yeux. Chez nous, c't'écoeurant, ça veut dire que c'est top. Et je veux vous dire que c't'écoeurant ce que je suis en train de vivre avec vous!»

Premier à acheter ses billets pour son spectacle, après l'avoir vue à l'émission de télévision de Michel Drucker en janvier, Dibo Cohen était conquis. «Elle est écoeurante, cette fille, comme vous dites! Sincèrement, elle est extraordinaire.»

«Elle nous faire rire tout en étant émouvante. Chapeau! Elle a une belle carrière devant elle en France, c'est certain», a commenté Paule Benessiano.

De passage à Paris, le galeriste ottavien Jean-Claude Bergeron était lui aussi sur place, hier, pour applaudir la Franco-Ontarienne. «Je l'avais vue à Gatineau et j'étais curieux de voir les têtes d'affiche françaises qu'elle allait imiter. Je l'ai trouvée encore meilleure que chez nous», a-t-il mentionné.

Véronic DiCaire craignait le manque de réaction de la foule. La centaine de spectateurs a vite fait sentir sa présence, tapant des mains tantôt sur Tout est KO de Mylène Farmer, tantôt sur Simply The Best de Tina Turner.

Si son Édith Piaf a touché la foule, ses Lara Fabian et Susan Boyle ont elles aussi été chaleureusement applaudies. Dans un autre registre, son imitation physionomiste de l'humoriste Anne Roumanoff et celle, plus audacieuse, de la première dame française Carla Bruni-Sarkozy - rebaptisée Carla Sarko-Broconini dans son numéro - ont bien fait rigoler.

«Un mètre de neige et on ne voit plus Sarko», lui fait-elle chanter, sur l'air de Quelqu'un m'a dit pour parler de l'hiver québécois, suscitant de francs éclats de rire dans la salle. «On est conscients qu'elle est aimée ici et que ça peut être délicat de la parodier. Mais on ne le fait pas méchamment, et je pense que les gens ont aimé», a expliqué Véronic DiCaire.

Ses imitations de Céline Dion étaient évidemment très attendues du public: qu'elle chante «joyeux anniversaire» à un spectateur, All By Myself ou qu'elle fasse la «bio de star» de la diva, en l'incarnant à diverses époques. «Je suis un fan de Céline et les notes sont les mêmes. C'est saisissant!» a lancé Samuel Fissier, à la sortie de la salle.

Pour ce qui est de la possibilité de prévoir un rappel, Véronic DiCaire ne veut surtout pas présumer que les spectateurs des prochains soirs réclameront une autre chanson comme ceux d'hier. «Mais au cas où, on va devoir voir avec Josée (Fortier, la metteure en scène) ce qu'on pourrait faire...» a-t-elle conclu, comblée et rassurée de cette première rencontre avec le public français.

Un représentant de Paris Match était là hier, et plusieurs journalistes ont par ailleurs confirmé leur présence pour la représentation de ce soir. «Ce sera une autre grosse soirée pour nous», a soutenu le gérant et conjoint de l'artiste, Rémon Boulerice.