À 20h bien précises, le message de Guy Laliberté est descendu du ciel pour apparaître sur l'écran de la TOHU. «Je suis un artiste, pas un scientifique. Ce spectacle est la seule façon pour moi de faire profiter de ma mission», a-t-il expliqué posément depuis la Station spatiale internationale.

Mis à jour le 9 oct. 2009
Paul Journet LA PRESSE

Pas de nez de clown pour l'occasion. Sobrement vêtu du t-shirt officiel de sa mission, le patron du Cirque du Soleil a rappelé que toutes les huit secondes, un enfant meurt à cause de l'eau contaminée.

Après son court message, il a passé la parole à Al Gore. L'ancien vice-président des États-Unis a offert une présentation à son image, sobre et très didactique. Assisté de ses grands tableaux, il est passé des précipitations au Japon à la désertification pour exposer le problème.

L'environnementaliste David Suzuki a pris le relais avec une vidéo enregistrée à l'île Sainte-Hélène.

Après l'information, le spectacle. Car le but de la manifestation était aussi de divertir et émouvoir.

Ce qu'avait à dire la goutte d'eau, un conte de Yann Martel (Histoire de Pi), servait de fil conducteur. De Montréal à Moscou en passant par 12 autres villes, vedettes et militants se sont relayés pendant deux heures pour le présenter. Ces lectures (dans la langue natale du locuteur et sous-titrées) étaient entrecoupées de vidéos et de performances artistiques. L'eau avait beaucoup d'amis vendredi soir: Bono, Peter Gabriel, Salma Hayek, Shakira, Matthew McConaughey, Gilberto Gil, Garou, la prix Nobel de la paix Wangari Maathai et même la fille du regretté Steve «Crocodile» Irwin.

Pendant que Guy Laliberté continuait de tourner dans l'espace, Julie Payette et Yann Martel ont lu ensemble le premier paragraphe en direct de la TOHU. La fable prenait toutefois beaucoup moins de place que les nombreuses performances artistiques.

La première était celle du Cirque du Soleil avec la chanteuse Élisapie Isaac. Vêtus de tenues amérindiennes traditionnelles blanches, les artistes ont dansé sur la scène circulaire. Un numéro céleste a suivi, dans lequel une acrobate se balançait la tête à l'envers. Le Cirque a aussi clôturé le spectacle avec une performance encore plus spectaculaire présentée à Moscou.

Entre les deux, on s'est rendu dans l'ordre à Johannesburg, Rio, Paris, Mexico, New York, Sydney, Londres, Marrakech, Bombay, Osaka, Santa Monica et Tampa Bay. Le tout était retransmis sur l'écran de la TOHU et sur le site de la Fondation OneDrop.

L'ensemble était néanmoins très bigarré, avec des segments en direct et plusieurs autres préenregistrés. Par exemple, pour Paris, on proposait des chansons de Garou ou d'Hélène Segara sur fond de baleine sur le dos, cascades et autres images de carte postale de Home, un documentaire de Yann-Arthus Bertrand.

D'autres ont risqué des performances en direct, comme Gilberto Gil à Rio, Joss Stone dans une salle de Londres, le chanteur de charme Tatuya Ishii à Osaka, et le groupe Fnaïre à Marrakech. À Times Square à New York, plusieurs jeunes ont surpris les passants avec une chorégraphie flash mob.

Les vidéos ont ajouté un peu de poésie à la soirée, comme l'étude Ashes and Snow de Gregory Colbert, et une autre dans laquelle des données alarmantes sur l'eau étaient accompagnées par la chanson Luscious Life de Patrick Watson.

En fin de soirée, Guy Laliberté a remis son nez de clown et est apparu sur écran géant au concert de U2 à Tampa Bay. «Je vois les étoiles, je vois le néant. La Terre apparaît si fragile d'ici», a-t-il lancé.