Après 10 ans à la barre du spectacle de la Fête nationale au parc Maisonneuve, Normand Brathwaite passera le flambeau à Guy A. Lepage le 24 juin prochain. L'animateur de la populaire émission Tout le monde en parle souhaite participer à une fête représentative du Montréal d'aujourd'hui.

Mario Cloutier LA PRESSE

«Montréal a changé. Je suis très content d'animer cette soirée dans ma ville natale. J'ai vécu comme citoyen tous les changements démographiques et ethniques. J'aime ma ville, ce qu'elle est et à quoi elle ressemble. Je suis très fier de Montréal.»L'ancien membre de RBO, créateur d'Un gars, une fille, animateur de deux galas de l'ADISQ et indépendantiste déclaré travaillera conjointement avec la directrice artistique Sylvie Rémillard, qui assure la continuité de l'événement. Guy A. Lepage a d'ailleurs rendu hommage à Normand Brathwaite hier.

Le nouvel animateur de la Fête nationale militera lui aussi en faveur d'une fête ouverte sur le Québec cosmopolite, toutes cultures et langues confondues.

«C'est mon opinion personnelle, je n'ai pas eu celle des gens qui m'emploient, mais je trouve ça réjouissant qu'on puisse écouter des gens chanter dans une autre langue que le français sans se sentir menacés. Ce n'est pas parce que tu chantes en italien que tu ne te feras pas servir en français dans un magasin. Il ne faut pas être fermé dans la vie», explique-t-il.

Les invités ne sont pas tous choisis, mais cet esprit d'ouverture, selon lui, doit être poussé jusqu'à sa limite afin de permettre à des chanteurs anglophones, comme Patrick Watson par exemple, de chanter en anglais à la Fête nationale.

«Je n'ai aucun problème avec ça, lance-t-il. Les gens qui viennent d'ici et qui diffusent partout dans le monde leur musique ont droit à tout mon respect et tous mes égards.»

Ainsi, à ceux et celles qui rêvent encore d'un retour à la Saint-Jean sur le mont Royal et aux ceintures uniquement fléchées, l'homme au franc-parler lance un avertissement.

«Des gens qui vivent dans le passé et qui reprochent à de nouveaux arrivants ce qu'ils n'ont pas eu le courage de faire eux-mêmes il y a 25 ans, je n'embarque pas là-dedans. Ça m'énerve. Si un jour il y a un Québec indépendant, on va le faire avec tous les gens qui y habitent.»

Une chose est claire, ajoute-t-il, «si j'avais animé la fête du Canada l'année d'avant, j'imagine qu'ils ne m'auraient pas invité». Celui qui rejoint plus de 1 million de téléspectateurs à chaque diffusion de Tout le monde en parle ne craint pas la foule.

«L'été dernier, j'ai fait une apparition à Woodstock en Beauce. Il y avait 40 000 personnes. Je ne suis pas très nerveux avec le monde. Et je n'en suis pas à mon premier gala. Mais il n'y a pas de trophée, alors personne ne recevra quoi que ce soit sur la tête...»

Le spectacle de la Saint-Jean, célébrée pour une 175e fois, aura lieu le 24 juin prochain au parc Maisonneuve à 21 h et sera télédiffusé à Radio-Canada dès 21 h 30.