Stéphane Tétreault, notre nouveau prodige du violoncelle, a un autre titre de gloire: il a maintenant entre les mains l'un des instruments les plus précieux du monde, un Stradivarius de 6 millions de dollars acquis par la mécène Jacqueline Desmarais et dont il a l'usage pour une période indéterminée.

Mis à jour le 13 avr. 2012
Claude Gingras LA PRESSE

Avec l'Orchestre Métropolitain, il joue six fois le plus célèbre concerto destiné à son instrument, le Dvorak, dans six lieux différents de la région métropolitaine, en l'espace de 10 jours. Hier soir, à Montréal, 2000 personnes étaient venues l'entendre et, bien sûr, voir le fameux violoncelle brillant comme un diamant. Mme Desmarais était là, entourée de nombreuses personnalités.

Se présentant en chemise, le jeune musicien joua de mémoire le Dvorak qui, hier soir, atteignit la durée record de 45 minutes, durée qu'il faut attribuer aux nombreux rallentandos dont il alourdit son discours. Stéphane Tétreault a tout d'un grand violoncelliste: la technique, la sonorité, la justesse, la musicalité. Il a joué son Dvorak trois soirs de suite cette semaine: c'est beaucoup pour un garçon de 19 ans. Hier soir, il a joué magnifiquement, presque sans problèmes. Il n'a pas besoin d'en ajouter - de «beurrer épais», pour employer une expression bien d'ici. Dans certains passages, le chef invité Julian Kuerti et l'orchestre ont fait des prodiges pour le suivre.

Le Dvorak et son jeune soliste n'ont pas éclipsé le reste du concert. L'ouverture de La Fiancée vendue, les Danses de Galanta et la suite du Mandarin merveilleux, trois oeuvres de très grande virtuosité orchestrale, ont trouvé le Métropolitain dans une forme exceptionnelle, et ce à tous égards: les solos instrumentaux chez les bois et les cuivres, les groupes de cordes se répondant, la masse sonore comme telle aussi, et qui, la nouvelle acoustique aidant, se rapproche de plus en plus du grand modèle...

ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN. Chef invité: Julian Kuerti. Soliste: Stéphane Tétreault, violoncelliste. Hier soir, Maison symphonique, Place des Arts.

Programme: Ouverture de l'opéra Prodana nevésta (1866) - Smetana Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op. 104, B. 191 (1894-95) - Dvorak Galantai Tancok (1933) - Kodaly Suite de concert du ballet A csodalatos mandarin, op. 19, Sz. 73 (1918-28) - Bartok