Le jeu électronique Guitar Hero5, qui sortira à l'automne, comprendra une chanson de Jeff Beck. Au bout du fil, Beck rigole: «Faut bien que je fasse un peu de promotion commerciale.» Conversation avec un vrai de vrai guitar hero.

Mis à jour le 27 juin 2009
Alain De Repentigny LA PRESSE

Dire que Jeff Beck est attendu à Montréal est un joyeux euphémisme. Le guitariste britannique a un vague souvenir d'un spectacle qu'il aurait donné chez nous en 1968 avec le Jeff Beck Group, dont faisaient partie les jeunes loups Rod Stewart et Ron Wood, mais rien n'est moins sûr. Les fans finis ne s'en souviennent pas et il n'y a aucune trace dudit spectacle sur le web. D'où le caractère événementiel des deux concerts que Beck va donner le 6 juillet à la salle Wilfrid-Pelletier à l'invitation du Festival de jazz.

 

Au panthéon des guitar heroes, Jeff Beck occupe une place bien en vue aux côtés d'Eric Clapton et Jimmy Page, la sainte trinité du groupe anglais The Yardbirds. Quand l'Américain Jimi Hendrix est débarqué à Londres en 1966, Beck, Clapton et Page ont été emportés comme tant d'autres par le tourbillon qui allait propulser les guitaristes du rock à l'avant de la scène. Les guitar heroes étaient nés et ils se sont multipliés jusqu'à ce jour.

Jeff Beck prend la chose avec un grain de sel. «Guitar hero? Ça n'a pas vraiment d'importance pour moi quand je rentre à la maison, le soir, dit-il. Mais quand j'ai été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame, en avril dernier à Cleveland, je me suis rendu compte à quel point les gens prenaient ça au sérieux.»

Beck a ses héros, lui aussi, en commençant par les bluesmen noirs américains. «Quand nous sommes arrivés en Amérique en 1965, raconte-t-il, nous avons demandé aux jeunes fans des Yardbirds: savez-vous d'où vient cette musique? Ils ne connaissaient pas Howlin' Wolf même s'il avait une boîte à deux coins de rue de là. À cette époque, Buddy (Guy) était mon préféré et il l'est encore parce que sans lui, il n'y aurait jamais eu de Jimi Hendrix.»

Si Beck a effectué un virage vers le jazz-rock au début des années 70, c'est en partie à cause de John McLaughlin. Un guitar hero, le leader du Mahavishnu Orchestra?

«Oui, acquiesce Beck. Dès la première fois que j'ai entendu l'album A Tribute to Jack Johnson de Miles Davis, j'ai su que ça ne pouvait être que John. D'ailleurs, il m'a encore dit il y a trois jours qu'il s'est beaucoup amusé en faisant ce disque. Le Mahavishnu Orchestra a été comme un rayon de soleil au début des années 70. Motown était sur le point de tomber, on n'en avait que pour les spectacles colossaux, l'argent et les chansons pop, et je ne voulais rien savoir de tout cela. John, Billy (Cobham) et Jan (Hammer) m'ont procuré une grande joie, ils m'ont stimulé pendant un bon bout de temps.»

Beck estime qu'un guitar hero peut jouer n'importe quel style de musique. Il sait que la technique ne fait pas foi de tout et qu'il y a souvent une part d'esbroufe dans le jeu des soi-disant guitar heroes. «L'important, c'est que le guitariste y croie vraiment, dit Beck. Tant que c'est fait avec honnêteté et que ce ne sont pas que des imitations kétaines.» 

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