Après avoir lancé une succursale à Toronto et multiplié les contrats en Europe et même à Dubaï, les Studios Apollo ont ouvert un bureau à Los Angeles. La «boîte de services musicaux» montréalaise, qui compose de la musique pour environ 250 publicités par année, est dans les ligues majeures. Il lui arrive de faire des pitchs aux côtés des compagnies d'artistes de la trempe de Pharrell Williams, Pilooski ou encore Julian Casablancas, du groupe The Strokes.

Publié le 21 févr. 2012
Émilie Côté LA PRESSE

Comme ces derniers, plusieurs musiciens pop investissent le marché de la pub. «La barre est rendue vraiment haute. Nous sommes loin du jingle», indique Philippe-Aubert Messier, copropriétaire des Studios Apollo, qui compte 15 personnes dans son équipe à Montréal et 7 à Toronto. On doit à l'équipe d'Apollo la musique de certaines publicités internationales de Perrier, Jean Paul Gaultier, Duracell et, plus près de nous, Rogers, le lait et Desjardins. Pour une publicité d'Adidas mettant en vedette Snoop Dogg et Daft Punk, Mathieu Lafontaine d'Apollo a même fait un remix de la chanson-thème de Star Wars!

«Ça fait longtemps qu'on regarde le marché des États-Unis, explique Philippe-Aubert Messier. On y a fait des visites sporadiques. On cherchait le moyen de se lancer, mais on voulait bien comprendre le marché.»

C'est en partie à cause de Karkwa que les Studios Apollo ont ouvert un premier bureau américain. La personne-ressource d'Apollo à Los Angeles est la superviseuse musicale Koo Abuali, grâce à qui la boîte de production de Julia Roberts avait choisi la chanson Le pyromane de Karkwa pour la trame sonore du film Jesus Henry Christ.

Koo Abuali est venue travailler plusieurs mois à Montréal l'an dernier, notamment pour l'équipe de Karkwa. Elle a participé au même panel que Philippe-Aubert Messier au Festival des films du monde, et ce dernier lui a offert un espace de bureau. «Elle voulait voir ce qui se passait à Montréal. Comme elle, beaucoup de gens reconnaissent le potentiel créatif de Montréal.»

Aux États-Unis, les deux épicentres de l'industrie de la musique et de la pub sont New York et Los Angeles. Philippe-Aubert Messier constate que les Américains aiment travailler avec des gens qui ont un pied à terre dans la même ville qu'eux. «À Paris, il n'est pas rare qu'un concepteur-rédacteur travaille avec un réalisateur irlandais et que le tournage se fasse en Afrique du Sud, tandis qu'à Toronto et aux États-Unis, il faut être sur place.»

Les Studios Apollo offrent une multitude de services musicaux: supervision musicale pour des films ou des séries télé (Dédé à travers les brumes, Les Invincibles, Tout sur moi), libération de droits, réalisation d'albums, coaching d'acteurs jouant un rôle de musicien, location d'accessoires et de décors musicaux, etc.

Les Studios Apollo ont commencé leurs activités au début des années 2000. «C'était une tout autre époque et c'était le début de la production numérique et des studios maison, rappelle Philippe-Aubert Messier, jadis membre du groupe Poxy. C'était la fin de l'ère du jingle et le début du lifestyle marketing. Les gens voulaient de la musique plus créative qui reflète la vie des gens.»

Pour l'anecdote, Messier se souvient d'avoir eu parmi ses premières commandes la musique d'une publicité de Bell pour une... pagette!

En rafale

> En attendant son troisième album, Hâvre de Grace, qui sortira le 17 avril, le trio acadien Radio Radio offre en écoute et en téléchargement gratuit sur son site web le premier extrait, intitulé Sunrise/All Inclusive War Tour.

> L'équipe du prix Polaris organise une table ronde à Montréal, samedi, avec des panélistes qui présenteront leurs coups de coeur de la mi-année. Rendez-vous à la Casa del Popolo, à 16h.

> Toujours liée à Sony, la chanteuse Marilou, aujourd'hui âgée de 21 ans, présente Wake Me Up On Friday, premier extrait de son nouvel album en anglais, 60 Thoughts A Minute, dont la sortie est prévue en avril.

Suggestion de la semaine

Jasmine van den Bogaerde, alias Birdy, n'a pas encore 16 ans, mais la Britannique à la voix teintée de soul nous séduit avec son premier album de reprises (Skinny Love de Bon Iver, 1901 de Phoenix, Terrible Love de The National...). Des pièces revisitées de façon mélancolique avec l'aide de pros, dont Jim Abbiss (Adele), Rich Costey (Franz Ferdinand) et James Ford (Klaxons). Seul un titre du disque est original et laisse deviner une inspiration qui va au-delà de la reprise.

Sorties de la semaine

> Visions, Grimes

> Reign of Terror, Sleigh Bells

> Trauma (saison 3), Pascale Picard Band