Karkwa se justifie d'avoir vendu les droits d'utilisation de sa chanson Le Pyromane pour une une publicité de Coca-Cola. «À tous ceux qui sont déçus (...), je vous souhaite de remplir votre iPhone uniquement d'artistes indépendants de fortune qui ne soignent jamais leur lendemain de veille avec un Coke. Bonne chance!» a écrit le chanteur Louis-Jean Cormier sur la page Facebook du groupe.

Publié le 9 nov. 2011
Émilie Côté LA PRESSE

Karkwa vient de terminer une série concerts en Europe, tournée divisée en deux pour que les membres du groupe retournent au Québec pour être présent au Gala de l'ADISQ. Or, rappelons que c'est finalement Les Cowboys Fringants qui ont gagné le prix du groupe de l'année. Le vote venait du public, et ce dernier n'a pas considéré le fait que les Cowboys n'avaient pas sorti de nouveau matériel depuis un bon moment et peu fait de tournée par rapport à Karkwa qui a connu une année de rêve.

Vers 13h, Karkwa a mis en ligne un autre message se disant touché de l'intérêt des fans envers la décision du groupe d'accepter l'offre de Coca-Cola. «Ça prouve que nos fans se sentent impliqués dans notre projet et c'est beau (...) Nous avions à choisir entre une décision éthique ou économique et dans notre condition actuelle la décision économique était vraiment la bienvenue. Ce ne fut pas une décision prise sur le coin d'une table, ce fut difficile mais réfléchi.»

Dans son message écrit sur Facebook, Louis-Jean Cormier fait justement référence à l'ADISQ. «Est-ce que j'endosse toutes les allés-et-venues de la corporation? NON. Est-ce que l'argent des droits d'auteurs va me permettre de produire un autre disque qui ne gagnera certainement pas le vote populaire à l'ADISQ l'an prochain? OUI.»

«Pour ma part, souligne-t-il, je fais le même métier difficile que Patrick Watson, Malajube, Feist, Coeur de pirate, les Black Keys, Vincent Vallières, les Flaming Lips, les Beastie boys, Phoenix, Michael Jackson, Claude Meunier, Martin Matte, Louis-José Houde, Donald Pilon...pour ne citer que la pointe de l'iceberg des apparitions d'artistes qu'on aime bien, dans des publicités de multinationales. Merci de votre compréhension.»

Si des fans ont blâmé Karkwa d'avoir vendu les droits d'une chanson à Coca-Cola, plusieurs sont tout à fait d'accord avec les arguments de Louis-Jean Cormier. Au moment d'écrire ces lignes, ils étaient 1500 à «aimer» son message sur Facebook.

Cette mini-controverse survient alors que, règle générale, vendre les droits d'une chanson pour une publicité n'est plus synonyme de vendre son âme. Coeur de pirate a également déjà prêté sa voix à Coke. Même que les compagnies et les agences de publicité choisissent de plus en plus de formations émergentes, qui ne sont pas nécessairement connues du grand public.

Pas plus tard qu'avant-hier, nous rapportions que Chevrolet a commandité le spectacle gratuit de Radio Radio et le DJ set de Chromeo, qui ont eu lieu jeudi dernier dans le stationnement souterrain du Quartier Latin.

Dans un autre article sur le sujet que nous avons écrit récemment, des imprésarios indiquaient que les droits d'auteur de publicités étaient des sources de revenus grandissantes et incontournables avec la situation actuelle de l'industrie.

>>> Voyez la page Facebook du groupe Karkwa