Diana Krall donnera les premiers concerts solo de sa brillante carrière au cours du prochain Festival international de jazz de Montréal. La pianiste et chanteuse de Nanaimo, révélée au monde par le FIJM en 1995, donnera trois concerts à la salle Maisonneuve de Place des Arts, les dimanche, lundi et mardi 26, 27 et 28 juin.

Daniel Lemay LA PRESSE

«Diana Krall a tout fait au Festival, explique le vice-président et directeur artistique, André Ménard. Elle a commencé au Cabaret Juste pour rire avec un hommage à Nat King Cole, elle a ensuite fait toutes les grandes salles, jusqu'au Centre Bell, où elle a chanté pour notre 25e anniversaire en 2004. La dernière fois, elle a chanté avec un orchestre symphonique. Nous cherchions une formule nouvelle...»

André Ménard a rencontré la chanteuse l'été dernier au festival Nordsee Jazz de La Haye (aux Pays-Bas) où se produisait aussi la jeune Montréalaise Nikki Yanofski. Entre autres possibilités pour Miss Krall, 43 ans, il y avait bien sûr la série Invitation avec le crescendo classique: une prestation solo, puis une en trio et une autre avec un grand orchestre. Ou avec un autre grand nom... Elle aurait aussi pu choisir des concerts avec un octuor américain de prestige.

Plongée dans l'inconnu

Quand on est une superstar comme Diana Krall, on a le choix des formules et des gens. Quand on est une superstar comme Diana Krall, on calcule aussi les risques inhérents à chaque aventure nouvelle. André Ménard connaît l'approche: «Je lui ai rappelé que Montréal lui avait toujours été favorable. Elle était d'accord, mais elle a aussi fait valoir que la visibilité du Festival incitait à la prudence...» Qui dicte, la plupart du temps, d'aller «casser» un show dans un petit festival avant de l'amener en ville.

La musicienne a finalement décidé de plonger dans l'inconnu et de présenter non pas un, mais plutôt trois concerts solo, elle qui a fait ses premiers pas accompagnée par le guitariste Russell Malone et, plus tard, toujours en trio ou en quartette. Et toujours bien entourée, il va sans dire.

«Ces concerts vont nous donner une mesure du chemin parcouru», suggère André Ménard, fier, à bon droit, de cette prestigieuse primeur - les Européens vont être jaloux - et peut-être même un peu surpris du dénouement de ses approches. «Au début de sa carrière, Diana Krall arrivait sur scène, s'asseyait au piano et chantait ses chansons sans regarder la foule. Ces concerts en solo vont nous permettre de voir une artiste qui a beaucoup gagné en assurance.»

Le FIJM a par ailleurs annoncé hier la programmation printanière de sa Série Jazz à l'année. La contrebassiste de Vancouver Brandi Disterheft, Révélation Radio-Canada Musique 2009-2010, sera de retour à l'Astral le 29 mars, avec son CD Second Side qui a rallié la critique l'an dernier.

Les fans de guitare ont rendez-vous le 21 avril pour le spectacle double de Charlie Hunter: une première partie avec Terence Higgins, batteur du Dirty Dozen Brass Band, puis Hunter en solo, à la 7-cordes, pour livrer les pièces de Public Domain, un CD fait de pièces libres de droits parce que leurs compositeurs sont morts depuis plus de 50 ans. Ça nous amène dans le vieux blues...

Qui seront les plus nombreux à l'Astral le 29 avril? Ceux qui ont raté la performance de Sophie Hunger dans la même salle au FIJM en juillet dernier ou ceux qui voudront revoir la chanteuse de Berne? L'année jazz se termine le 7 mai avec le retour du trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.

Et la nouvelle commence avec l'été... accompagné de Diana Krall.