Le groupe montréalais Arcade Fire aurait difficilement pu demander une meilleure présentation lorsqu'il a fait son entrée sur la scène musicale.

LA PRESSE CANADIENNE

Le 12 septembre 2004, l'influent magazine en ligne Pitchfork a publié une critique dithyrambique de Funeral, le premier album du groupe. La critique disait «avoir attendu longtemps avant d'atteindre ce moment où un album arrive enfin à ramener, avec succès, le terme «émotionnel» à sa véritable origine.»

À partir de ce moment, la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. La blogosphère a massivement adopté le groupe rock indépendant, qui a vite été porté aux nues.

Mais contrairement à de nombreux groupes qui ont été louangés dans les 10 dernières années, Arcade Fire n'a pas été ensuite relégué aux oubliettes. Dans une décennie où la musique est devenue un bien jetable, Funeral a réussi l'impossible: il a refusé de mourir.

Dans les dernières semaines, Funeral a été inclus dans de nombreuses listes des dix meilleurs albums de la décennie, notamment celles de Rolling Stone, NME, Entertainment Weekly, The Guardian, Pitchfork, The Irish Times et The Onion. L'influence d'Arcade Fire peut également se faire entendre un peu partout, tant chez les anciens favoris des blogueurs Clap Your Hands Say Yeah que dans de récentes pièces de Coldplay.

Et Montréal, qui a attiré l'attention sur la scène musicale indépendante comme aucune autre ville depuis Seattle, est devenue le berceau de plusieurs groupes intéressants.

En examinant la dernière décennie, on remarque que bien peu d'artistes peuvent se mesurer à Arcade Fire en matière d'accomplissements.

Les musiciens d'Arcade Fire ont commencé à faire parler d'eux à Montréal en 2003, après avoir lancé un EP de manière indépendante. Initialement, c'est leur performance sur scène qui a attiré l'attention.

Puis, en 2004, le groupe a enregistré Funeral pour moins de 10 000 $ et, grâce en partie au producteur Howard Bilerman, a réussi à le lancer sur l'étiquette indie Merge.

Après la critique de Pitchfork, les éloges se sont mis à pleuvoir sur les blogues et dans les médias. NME a écrit qu'il s'agissait de «l'album le plus cathartique de l'année», le New York Times a dit que c'était l'un des meilleurs albums indie-rock de l'année et Rolling Stone a déclaré que l'album avait une «intensité élégiaque».

Rapidement, le groupe a ressenti les effets de ces éloges. Il a alors eu l'occasion de se produire sur scène avec le chanteur de Talking Heads, David Byrne. Le leader de Coldplay, Chris Martin, a déclaré qu'Arcade Fire était l'un des deux meilleurs groupes au monde. U2 a choisi la formation pour assurer sa première partie et l'a invitée sur scène pour chanter Love Will Tear Us Apart, de Joy Division. Et le groupe compte parmi ses admirateurs Davie Bowie et Beck.

Funeral s'est finalement écoulé à environ 750 000 exemplaires à travers le monde et a permis au groupe d'obtenir deux nominations aux Grammys.

Le groupe a lancé un deuxième album, l'excellent Neon Bible, en 2007. Un représentant de l'étiquette de disques du groupe a confirmé qu'Arcade Fire prépare un nouvel album, qui devrait paraître en 2010.