Depuis quelques semaines, Daniel Bélanger mène deux tournées de front: l'une avec son «nouveau» groupe; l'autre seul avec sa guitare. Deux spectacles différents, qu'il présente ce soir et demain aux FrancoFolies. Mine de rien, ce sera la toute première fois qu'on peut le voir en solo sur une scène montréalaise.

Alexandre Vigneault LA PRESSE

Il y a 10 ans et des poussières, dans la foulée de sa tournée rock Quatre saisons dans le désordre, Daniel Bélanger a repris la route. Il a refait le tour du Québec, seul avec sa guitare et un technicien du son, un peu pour se prouver qu'il en était capable et un peu pour se faire pardonner de n'avoir pu transporter son spectacle avec décor et orchestre partout où il était en demande.

«L'une des grandes raisons de cette tournée-là, c'était que je n'arrivais pas des boîtes à chanson, expose-t-il. J'étais un auteur-compositeur aux racines folk, mais je n'avais à peu près jamais chanté dans un lieu où je pouvais pratiquer mon métier en solo. J'ai décidé de me jeter au feu...»

Sa tournée solo intitulée Seul dans l'espace a été un succès: au lieu de la trentaine de dates prévues au départ, elle en a compté le double et a trouvé son chemin jusque dans le coffret Tricycle, publié en 1999. Or, ce spectacle, il ne l'a jamais présenté à Montréal. Question d'équité.

«D'habitude, quand je monte un spectacle, je m'arrange pour qu'il puisse être transporté partout, assure-t-il. Alors, je m'étais dit que si je montais un show solo que je présentais seulement à l'extérieur de Montréal, ça faisait une espèce d'exclusivité pour les gens en province.»

Après avoir passé des mois à tourner et à rigoler avec un groupe de musiciens, voyager presque seul lui a cependant pesé sur le moral. «Il y a des jours où je m'ennuyais», avoue le chanteur. Il s'était juré qu'on ne l'y reprendrait plus. Mais il n'a pas tenu parole: depuis février 2008, il se produit discrètement en solitaire dans de petites salles.

Se faire des peurs

Un peu comme en 1998, il a décidé de faire le saut pour se mettre en danger. «Quand je suis en band, je n'ai pas vraiment le trac quand j'entre en scène. En solo, j'ai le trac et, je ne sais pas pourquoi, je trouve que c'est bon pour moi, lance-t-il en rigolant. Ça me fait des peurs et ça me fait du bien.»

Daniel Bélanger estime qu'il est meilleur guitariste qu'il y a 10 ou 11 ans. Ça ne signifie pas qu'il tentera d'épater la galerie avec son doigté. «Mon jeu n'est pas plus exubérant ni plus spectaculaire, mais il est plus assumé, plus sûr. L'âge fait aussi en sorte qu'on se complique la vie à rendre les choses... simples. Je travaille plus la simplicité et il me semble que c'est plus fluide quand je joue.»

L'assurance qu'il a prise en tant que musicien jouera aussi un rôle dans le deuxième spectacle qu'il présentera aux FrancoFolies, accompagné de son «nouveau» groupe, composé de musiciens qu'on a tous vus sur scène à ses côtés au fil des ans: Jean-François Lemieux (basse), Carl Bastien (claviers, etc.) et Alex McMahon (batterie). Le bruit capté à Québec à l'occasion du Festival international d'été disait que Daniel Bélanger et sa bande se lançaient fréquemment dans de longues envolées musicales presque improvisées.

«J'ai eu envie de ça. Premièrement, les musiciens qui m'accompagnent sont tous de bons improvisateurs. Alors, je me suis dit: amusons-nous. J'ai eu le goût de faire beaucoup de musique dans ce show-là. Est-ce que ça nous réussira aussi au Métropolis? C'est à voir», lance-t-il d'un ton exagérément mystérieux.

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En solo ce soir 20 h au Théâtre Maisonneuve, et en formule groupe demain 21 h, au Métropolis.