Qui ne connaît pas « le plus nul des groupes punk»? peut-on lire sur la page de la FNAC consacrée aux Fatals Picards, groupe rock décapant et rompu à l'autodérision aux solides assises populaires. En toute affection, certains avancent l'étiquette semi-beauf...

Alain Brunet LA PRESSE

La même année, les Fatals Picards ont participé au très quétaine concours Eurovision de la chanson et été sacré Coup de coeur de l'Académie Charles-Cros. Un rayonnement tous azimuts qu'ils assument. «On a effectivement participé à l'Eurovision, un truc assez ringard, mais on a fait ça avec plaisir ce qui nous a permis de joindre un grand public qui ne va pas nécessairement au concert, mais qui regarde la télé. Depuis, ça marche encore mieux pour nous; on vend des disques et on donne des concerts.»

 

Ils ont cinq albums derrière la cravate, dont le tout récent Le sens de la gravité, lancé en mars dernier chez les cousins. Il y a six semaines, les Fatals Picards sont venus faire trempette au Lion d'or, puis au Festival de la chanson de Tadoussac. Ils font maintenant les Francos deux soirs d'affilée.

«Nous donnons une centaine de concerts par an, nous existons surtout pour la scène, explique Laurent, guitariste et membre fondateur des Fatals. Nous sommes sur les routes de France et de Belgique, nous avons la chance d'être de ces groupes qui remplissent les salles. Nous avons un public diversifié car nous faisons du rock et de la chanson à texte, sans compter l'humour qui fait partie du spectacle. C'est qu'on aime bien discuter avec les gens entre les chansons... C'est différent de «merci, la prochaine chanson s'intitule...»»

Il ne faut pas s'y méprendre, ils n'ont pas l'esprit si léger, les Fatals. «On est considérés comme engagés politiquement, ancrés à gauche pour ainsi dire. Mais on essaie de ne jamais se poser en donneurs de leçons. Les actions, on préfère les prendre individuellement, on n'aime pas le côté ostentatoire de l'engagement politique en musique. Par contre, dans les chansons, on peut aborder des thèmes de société comme les sans-papiers, les SDF, l'enseignement, les sujets d'actualité qui sont des constats sociaux. Nous sommes des observateurs critiques.»

Cinq albums plus tard, Laurent estime que le groupe a beaucoup changé. L'ancien chanteur a notamment quitté le navire il y a deux ans. «Ça ne nous a pas tués parce que nous travaillions tous déjà à la préparation des chansons. Nous nous sommes retrouvés plus soudés et nous avons conquis un plus grand public qu'auparavant. Paul, qui est devenu le chanteur principal, est un vrai showman, il a une grande présence sur scène.»

Et la Picardie? Le nom du groupe, autodérisoire à souhait, était en relation avec l'ancien chanteur, originaire de Picardie. Plus personne n'est Picard chez les Fatals. «On a coutume de rétorquer qu'Indochine ne vient pas du Vietnam et que les Cowboys fringants ne sont pas originaires des plaines de l'Ouest», lance Laurent. Tiens-toi!

Ce soir, 20h, Zone Molson Dry, et dimanche, 22h, au Cabaret Juste pour rire avec 3 gars su'l sofa.

EN UN MOT

Les Fatals Picards allient rock punkisant et divertissement de masse, candeur et autodérision bien françaises.

ALBUM ESSENTIEL

Le sens de la gravité : Un disque résolument rock, mais dont la lucidité crève les oreilles pardon les yeux.