À compter de jeudi prochain, des milliers de personnes, dont plus de 2500 journalistes, vont envahir la petite ville d'Austin, au Texas, pour assister à South by Southwest (SXSW), un festival qui regroupe cinéastes, musiciens et artisans de l'interactivité et du numérique.

Mis à jour le 5 mars 2012
Nathalie Collard LA PRESSE

Le terme «festival» n'est peut-être pas le plus approprié pour décrire le volet interactif. Il faudrait plutôt parler de mégaconférence ou encore de conférence sur les stéroïdes tellement le programme est chargé. On comptait 955 conférences l'an dernier. (On recommande d'ailleurs aux participants de se munir d'une bonne paire de chaussures de sport, car les conférences sont éparpillées dans toute la ville.) À lui seul, le volet interactif de 2011 a attiré plus de 19 000 personnes en provenance de 63 pays.

Pourquoi aller à SXSW? Parce que c'est là qu'on discute de l'avenir de la communication. Comme on le rappelle souvent, c'est là que le site de microblogage Twitter a vraiment décollé. C'est aussi là que l'application de géolocalisation Foursquare a pris son envol. Car le volet interactif de SXSW attire tous les maniaques de technologie, les early adopters, les entrepreneurs du monde du numérique. On va à SXSW pour réfléchir à l'avenir de la télévision ou de l'information, pour s'inspirer de la nouvelle technologie, pour découvrir les nouveaux jeux, les nouvelles façons de raconter des histoires, d'informer ou de vendre.

On y va aussi pour brasser des affaires. Il n'est pas rare, en effet, de se faire accoster dans la rue ou dans un bar par une personne qui nous tend sa carte professionnelle et nous invite à télécharger sa nouvelle application. Un des volets les plus intéressants de cet événement de cinq jours est d'ailleurs le SXSW Accelerator, concours s'étendant sur deux jours durant lequel 48 jeunes entreprises en démarrage présentent leur application devant un jury. L'an dernier, c'est l'application Storify qui est sortie grande gagnante du concours. Storify permet de raconter une histoire à partir de statuts Twitter, Facebook, YouTube, etc. Plusieurs médias du monde entier l'utilisent désormais pour créer des reportages «sociaux».

Contrairement à d'autres conférences, il n'y a ni thème ni ligne directrice à SXSW, mais il y a tout de même des idées fortes qui se dégagent. Cette année, par exemple, les trois conférenciers-vedettes présentent tous des réflexions sur l'impact de la technologie dans notre vie et son influence sur le cours de notre destinée. Vaste programme, c'est vrai. Mais SXSW a l'habitude d'inviter des penseurs de haut calibre (l'an dernier, l'auteur Clay Shirky, qui sera de passage à Montréal en avril, a prononcé une conférence très remarquée sur l'impact des réseaux sociaux).

Plusieurs dizaines de Montréalais assisteront à SXSW cette année. Si la plupart y vont pour le volet musique, quelques dizaines issus du monde des médias, de l'art numérique, de la webtélé ou du marketing participeront tout de même au volet numérique. Sauf erreur, toutefois, on ne compte aucun conférencier québécois. Peut-être l'an prochain?

La Presse y sera et tentera de vous faire un compte rendu des ateliers les plus intéressants (on en compte 25 sur le journalisme seulement!). À compter de jeudi soir, vous pourrez me lire sur mon blogue (https://blogues.cyberpresse.ca/collard) ainsi que dans La Presse samedi, lundi et mardi prochains. On peut également me suivre sur Twitter: @NathalieCollard

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