Les médias, qu'ils soient traditionnels ou sociaux, peuvent occuper beaucoup de place dans nos vies. Parfois même trop. Voici 10 moyens de profiter au maximum de l'ère numérique... sans perdre le contrôle.

Publié le 5 janv. 2011
Nathalie Collard LA PRESSE

1. ACQUÉRIR UNE HYGIÈNE DE VIE NUMÉRIQUE

On se plaint souvent d'être envahis par l'iPhone, l'iPad, l'ordinateur personnel, Twitter, Facebook. On oublie que c'est nous qui détenons le pouvoir. En 2011, il serait temps de remettre à leur place nos téléphones intelligents, de ne pas avoir peur de les éteindre quelques heures par jour. Même chose pour l'iPad et l'ordinateur. Si vous avez des enfants, apprenez leurs très jeunes à gérer leur utilisation des appareils électroniques.

2. LIRE MOINS, MAIS MIEUX

Tout n'est pas intéressant sur le web et dans les médias en général. On perd souvent beaucoup de temps à lire des trucs insignifiants. Sur l'internet, il faut trouver les bons agrégateurs, ceux qui nous feront gagner du temps en nous proposant des textes pertinents. Il y a bien sûr Google Reader, mais il existe toutes sortes d'autres outils qui nous permettent de concentrer nos sources au même endroit. Parfois, d'autres le font pour nous. Dans le secteur des médias, je vous propose MediaGazer, le plus complet. L'idée: gagner du temps.

3. PARTAGER DES LIENS

Les gens se demandent souvent à quoi sert Twitter. À mes yeux, son utilisation première est le partage de liens sur un sujet donné. On ne peut pas tout lire ni tout voir dans une journée. Or, Twitter, lorsqu'on l'utilise intelligemment, peut se transformer en véritable fil de presse qui vous informera sur les sujets qui vous intéressent. De la même façon, vous pouvez partager vos lectures préférées de la journée. C'est cet échange de liens qui rend des sites comme Twitter riches et pertinents.

4. DIVERSIFIER SES SOURCES

Chaque semaine, sortez de votre zone de confort. Forcez-vous à lire un nouveau site, un nouveau journal, un chroniqueur qui ne partage pas les mêmes opinions que vous. Confrontez vos idées plutôt que de les conforter.

5. REDÉCOUVRIR LA RADIO

Depuis quelques années, la télévision nous propose d'excellentes séries dramatiques, souvent bien meilleures que les films qu'on peut voir au cinéma. La télé est d'autant plus populaire qu'on peut la regarder sur notre iPad ou notre téléphone. Mais ce n'est pas une raison pour délaisser la radio, qui offre, elle aussi, d'excellents contenus, en direct ou, parfois, en différé (baladodiffusions). Un exemple récent: durant les Fêtes, la Première Chaîne de Radio-Canada a diffusé une excellente série consacrée aux grandes familles québécoises, présentée par Pierre Maisonneuve. Plus tôt à l'automne, on a pu entendre une autre très bonne série consacrée aux Cyniques, réalisée par Mathieu Beauchamp. Grâce à l'internet, on peut également écouter ce qui se fait de meilleur dans le monde: les documentaires radio de grande qualité de la BBC, de France Culture, de Voice of America. On peut les télécharger sur son iPod et les écouter lors de longs déplacements (voiture, avion, train) ou même en faisant son jogging.

6. MIEUX PROTÉGER SES DONNÉES PERSONNELLES

Lu sur Twitter pas plus tard qu'hier: «@tropcurieux 2 personnes dans un café vont vérifier leur solde à la banque. Je devrais me recycler comme hacker. Même pas de logiciel, je les vois taper.» On s'inquiète beaucoup de la divulgation des renseignements personnels sur le web, mais on n'en fait pas assez pour mieux protéger ses données. Il existe toutes sortes de moyens pour augmenter la sécurité. On peut également refuser de répondre aux questions concernant notre localisation, notre date de naissance, etc. Bref, il faut être beaucoup plus vigilant et s'informer davantage des outils à notre disposition. Personne ne le fera à notre place.

7. GÉRER SES MULTIPLES IDENTITÉS NUMÉRIQUES

Les gens qui sont très présents dans les médias sociaux sont parfois torturés par des questions du genre: suis-je suffisamment aimé, populaire, crédible? Comme l'a souligné Pierre Brassard dans cette page il y a quelques semaines, Twitter est devenu l'équivalent de la boîte vocale: on y va plusieurs fois par jour vérifier si quelqu'un a parlé de nous, si on a été retweeté, etc. Ces comportements obsessionnels peuvent entraîner leur lot de troubles psychologiques et de problèmes de branding personnel (vous aurez compris que c'est ironique...). Avec tous ces profils à coordonner (Twitter, Facebook, Linkedln, etc.), il faut s'assurer de bien gérer son image, demeurer cohérent d'un média social à l'autre, maîtriser son message. Du travail pour les psychothérapeutes 3.0?

8. FAIRE LE MÉNAGE RÉGULIÈREMENT

Contrairement aux livres qu'on souhaite conserver dans sa bibliothèque, les liens, signets et sites ont une durée de vie beaucoup plus courte. Il est bon de les revisiter régulièrement et de se demander s'ils sont encore pertinents. Telle personne ne nous propose plus de liens intéressants sur Twitter depuis plusieurs semaines? On arrête de la suivre. On devrait aussi nettoyer son carnet de marque-pages au moins une fois par mois.

9. DÉCOUVRIR DE NOUVELLES PRATIQUES JOURNALISTIQUES

Au risque de se répéter, le web nous permet de sortir des sentiers battus. Encore faut-il en profiter et l'exploiter au maximum. Même les médias traditionnels tentent de nouvelles expériences qui valent le détour. Un exemple: le 9 décembre dernier, le Washington Post a publié l'histoire d'une grossesse qui s'est terminée de façon un peu tragique. L'histoire est racontée du point de vue de la mère, à travers ses statuts Facebook («A Facebook story: A mother's joy and a family's sorrow»). On risque d'ailleurs de voir de plus en plus de ces histoires racontées à travers les médias sociaux, notamment grâce au nouvel outil web Storify.

10. RECOMMENCER À LIRE DE LONGS ARTICLES

On l'a déjà écrit dans ces pages, l'iPad a réconcilié les gens avec la lecture de longs articles. Plusieurs sites internet (theawl.com, longreads.com) se spécialisent dans la publication de bons longs papiers glanés un peu partout sur le web.