Une jeune femme se laisse dériver, sans attache et sans repère: la quête du bonheur et la quête identitaire se côtoient dans Voyage léger, premier roman de la journaliste au magazine Urbania Mélissa Verreault.

Mis à jour le 15 avr. 2011
Josée Lapointe LA PRESSE

L'écriture aérienne est faite de petites touches de quotidien, de détails qui comptent et d'allers-retours entre le passé et le présent.

Fuyant une peine d'amour et une vie sans étincelle, Ariane décide de partir par le premier avion. À la dernière minute, elle choisit de rester à Montréal et s'installe dans une chambre d'hôtel dans un quartier excentré de la ville.

En de courts chapitres, sa vie s'égrène, son spleen s'étend et les questions sur la finalité de l'existence l'assaillent. «On passe sa vie à attendre le bon moment. Ce qui fait qu'il y a des choses qui ne naissent jamais et d'autres qui meurent trop tôt.»

Ariane se rapproche du gouffre, mais pourtant n'y tombe jamais. Avec des cartes postales croquées sur le vif - la belle trouvaille de ce livre -, elle se raccroche à sa vie, et surtout se découvre un certain goût pour le bonheur.

Livre lancinant sur une crise existentielle profonde, Voyage léger est inévitablement nombriliste, malgré les efforts malhabiles d'Ariane pour aller vers les autres. C'est pourtant ce qui la sauvera, dans une finale punchée tournée vers la vie qui bat.

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Voyage léger. Mélissa Verreault. La Peuplade, 219 pages