La romancière québécoise Lucie Lachapelle a décroché jeudi à Paris le 14e Prix littéraire France-Québec, pour Rivière Mékiskan.

Michel Dolbec LA PRESSE CANADIENNE

Paru l'année dernière chez XYZ, Rivière Mékiskan est le premier roman de Lucie Lachapelle, réalisatrice de documentaires. C'est aussi un «récit initiatique à la fois sensible et troublant», a jugé l'Association France-Québec, qui récompense un auteur québécois chaque année depuis 1998.

Le Prix France-Québec, décerné en pleine saison parisienne des prix littéraires, est un prix des lecteurs. Ce sont en effet les membres du réseau France-Québec qui élisent le lauréat, parmi une sélection de romans établie par un jury.

Cette année, 500 lecteurs venus de 34 régions françaises ont pris part au vote. Rivière Mékiskan était en compétition avec La Petite et le Vieux de Marie-Renée Lavoie (XYZ) et Attraction terrestre d'Hélène Vachon (Alto).

La récompense est dotée d'une bourse de 5000 euros (7000 $). Elle sera remise à Lucie Lachapelle en mars prochain, en marge du Salon du livre de Paris. La romancière effectuera ensuite une tournée à travers la France, organisée par le réseau de l'Association France-Québec.

Court roman de 156 pages, Rivière Mékiskan est une quête identitaire doublée d'une plongée dans un monde autochtone où règnent la misère, l'alcoolisme, la délinquance, le suicide ou le viol. Cet univers, on le découvre à travers le regard d'Alice, une jeune métisse née d'une Blanche et d'un Autochtone, sans-abri trouvé mort sur un banc de parc à Montréal, dont elle décide de ramener les cendres à Mékiskan.

Scénariste, auteure de nouvelles et de poésie, Lucie Lachapelle s'est surtout fait connaître depuis 1994 comme réalisatrice de documentaires (La Rencontre, Village Mosaïque, Épouses de Dieu et Ouvrières de Dieu, L'Autisme). Elle est née à Montréal mais a vécu en Abitibi, où elle a côtoyé les Autochtones, indique-t-on. Elle est mère de deux «métis cris». Elle a aussi été enseignante au Nunavik.