La plaquette a 78 pages. C'est court. C'est vif. On le lit d'une traite, comme on boit un grand verre d'eau quand on est assoiffé.

Mis à jour le 30 sept. 2011
Marie-Claude Lortie LA PRESSE

Ne vous taisez plus est un appel et un cri du coeur réfléchi et méticuleusement écrit à quatre mains par la journaliste et écrivaine Denise Bombardier, et son amie française Françoise Laborde, ancienne journaliste et elle aussi écrivaine. Il est né des échanges informels qu'ont eues les deux femmes durant l'affaire DSK, où la Française et la Québécoise comparaient les réactions de leurs cultures respectives devant le geste sexuel fait par l'ancien président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, alors potentiel candidat présidentiel, auprès d'une femme de chambre immigrée à New York. Si vous êtes de ceux et celles qui ont été horrifiés de voir cet homme puissant défendu par certains malgré la gravité présumée de ses actes, vous serez heureux de trouver en ces lignes la clarté que l'on aimerait tous avoir pour défendre ce point de vue.

Ne vous taisez plus parle de l'affaire DSK, mais surtout, il dit tout haut ce qu'on n'ose jamais dire, même tout bas, sur la délinquance et même la criminalité sexuelle du quotidien dont sont encore victimes les femmes, dans tous les milieux. Il décortique le mythe qui veut que le viol ne soit souvent qu'un dérapage de la séduction. Particulièrement présent en France, où le libertinage fait partie pour trop de gens d'une sorte de fierté nationale, au même titre que le bon vin ou le foie gras, où la présomption de frigidité s'applique presque automatiquement à quiconque ose parler d'abus de pouvoir sexuel, ce mythe, disent les auteures, a fait son temps. Les hommes et les femmes doivent arrêter de se taire devant des crimes tolérés tous les jours au nom de la non-pruderie. Dénoncer et s'indigner n'a rien de puritain. C'est une question fondamentale de droits de la personne.

Ne vous taisez plus

Denise Bombardier et Françoise Laborde

Fayard, 71 pages