La rentrée d'automne s'annonce riche en histoire(s). Ça va dans tous les sens... et c'est très bien ainsi. Voici un bref survol des catalogues «essais» des éditeurs québécois qui nous promettent quelque 150 titres.

Mis à jour le 4 sept. 2009
Daniel Lemay LA PRESSE

Nous avons déjà reçu et parcouru le Robert Rumilly (Lux Éditeur) du journaliste et historien Jean-François Nadeau qui avait fait un tabac avec sa biographie de Pierre Bourgault en 2007. Rumilly (1897-1983) s'avère un personnage moins spectaculaire, mais l'émule du monarchiste français Charles Maurras n'en a pas moins écrit une Histoire de la province de Québec en 41 volumes et de nombreuses biographies de personnages historiques. Dont Maurice Duplessis, mort il y a 50 ans.

Selon Nadeau, Rumilly voyait dans le «Chef» - avec qui il a beaucoup correspondu, mais qu'il a rarement rencontré - une manière de roi. Le Français, né et élevé dans les colonies, est resté proche de l'Union nationale jusqu'à la fin, mais jusqu'à quel point a-t-il été «L'homme de Duplessis», comme le veut le sous-titre de cet ouvrage sur «la place de la droite extrême dans la fondation du Québec contemporain»?

Vers le centre d'ici, alors que s'amorce, sur le ton de la virulence - Vision versus Union -, la campagne électorale municipale, VLB Éditeur a déjà fait paraître, sous la signature de Léo Beaudoin et Renée Blanchet, la biographie de Jacques Viger (1787-1858), premier maire de Montréal et premier président de la Société Saint-Jean-Baptiste. Suivra aux Éditions La Presse le 1er octobre, un mois avant les élections, Jean Drapeau - L'homme qui rêvait sa ville du prolifique Benoît Gignac. Qu'en reste-t-il?

Dans la catégorie «rêveurs de ville», force est d'inclure Simon Brault, le président de Culture Montréal qui signe aux Voix parallèles un ouvrage intitulé Le facteur C, où il se penche sur «l'émergence spectaculaire des préoccupations culturelles dans l'arène publique». Ça va plus loin que la chanson.

Dans la vieille arène, toujours bondée, des «cartes» Ottawa-Québec, ils se sont livré les plus longs combats; ainsi, concept oblige, Le Boréal lance-t-il le même jour (14 octobre) les biographies de René Lévesque, par Daniel Poliquin, et de Pierre Elliott Trudeau, par Nino Ricci, romancier torontois d'origine italienne, qui est arrivé au Canada après que le père du multiculturalisme canadien eut quitté le ring. Distance...

Jacques Parizeau n'en est jamais loin, lui qui signe L'indépendance du Québec, chez Michel Brûlé (18 nov.) où «l'artisan de la presque victoire au référendum de 1995» retrace l'évolution de l'idée d'indépendance avant de se tourner vers l'avenir du Québec.

Pays toujours incertain, mais dont l'histoire, malgré l'aveuglement de certains quartiers, continue de s'offrir à la connaissance du citoyen. Nous lirons La Conquête, une anthologie établie par Charles-Philippe Courtois (Typo) qui cherche quel sens donner à cet «événement fondateur» survenu le 13 septembre 1759. Nous lirons aussi Une brève histoire de l'agriculture au Québec de David Dupont (Fides) qui, à l'heure de l'angélus, nous amène à regarder bien droit dans notre assiette moderne.

Quelles révélations dans Molson et le Québec de Gilles Laporte (Michel Brûlé), qui s'annonce comme un autre brûlot de Brûlé? Et Que sont les baby-boomers devenus? collectif dirigé par Ignace Olazabal, déjà paru chez Nota Bene. «Aspects sociaux d'une génération vieillissante»... Au secours, Rutebeuf! Que sont mes amis devenus/Que j'avais de si près tenus/Et tant aimés...