Sauf une programmation non probante, samedi soir, la sixième présentation d'Osheaga a été couronnée de succès, hier, avec une foule finale et record de 81 000 personnes pour les trois jours du festival. Au moment d'écrire ces lignes, les admirateurs des Flamings Lips étaient dans un magasin de bonbons, ou en plein orgie de musique et d'effets visuels...

Mis à jour le 1er août 2011
Émilie Côté LA PRESSE

Considérant l'ajout d'une troisième journée, la moyenne quotidienne des spectateurs présents à Osheaga a augmenté par rapport à l'an dernier. «Nous sommes super contents de la progression du festival», a indiqué Caroline Audet, relationniste pour evenko.

Avec une météo parfaite, beaucoup de billets vendus à l'avance et 270 médias accrédités, dont le magazine britannique NME, les gens d'evenko n'avaient pas de quoi se ronger les ongles pendant le long week-end. Les seuls bémols ont été l'annulation du spectacle de KiD Cudi, vendredi soir, et les problèmes de micro pendant la prestation d'Eminem. Surtout qu'il avait fait des tests de son pendant plus de deux heures, la veille de son spectacle.

Eminem a néanmoins donné un spectacle mémorable, affirmant que la foule d'Osheaga avait été l'une des plus survoltées devant lesquelles il s'était produit en carrière.

Avec le duo électrorock-rap The Knux, le soulman Charles Bradley, l'incroyable Janelle Monáe, le rappeur Lupe Fiasco et les vétérans de Cypress Hill dans la programmation, le rock était moins mis de l'avant, cette année. «La programmation a toujours été bâtie pour qu'il y en ait pour tous les goûts», souligne Caroline Audet. Mais evenko ne s'en cache pas: le succès du spectacle de Snoop Dog l'an dernier a fait comprendre à evenko que le créneau hip-hop faisait vendre des billets.

«On l'a vu avec Eminem... il y a des gens qui n'étaient jamais venus à Osheaga et qui ont découvert le festival», signale la relationniste Christine Montreuil.

De l'avis de plusieurs habitués du festival, Elvis Costello n'était pas un bon choix de tête d'affiche, samedi soir. C'était presque gênant pour la légende de la musique de se produire devant une foule aussi clairsemée et désintéressée. Pourtant il a donné une interprétation fervente avec un choix judicieux de répertoire.

Le promoteur evenko considère que Costello avait sa place à Osheaga, mais peut-être pas la bonne... «C'est l'un des plus grands musiciens au monde et il avait sa place dans le festival, commente Caroline Audet. Mais l'horaire était peut-être mal réparti...»

Pour l'équipe de programmation, c'était un risque à prendre, et peut-être que les admirateurs fidèles de Costello ont hésité à acheter un billet pour un spectacle en plein air plutôt qu'en salle.

Un dimanche parfait

Hier, c'était une sorte de journée typiquement «osheagienne» avec une programmation riche et variée, qui donnait lieu à des choix difficiles pour les 23 000 personnes présentes sur le site. Bel après-midi ensoleillé avec le folk irrésistible de Jimmy Hunt et le groupe Eels. Et une chance de voir sur scène à Montréal The Pains of Being Pure At Heart et The Joy Formidable, alors que les deux groupes ont le vent dans les voiles.

Et que dire de Cypress Hill qui a balancé ses succès Insane in the brain, Hits From The Bong et Rock Superstar tout en allumant - c'était à prévoir - un énorme joint sur scène.

À l'heure du souper, Malajube s'est produit devant une foule importante. Beirut a suivi pour un festin de cordes et de cuivres.

The Tragically Hip a ensuite créé une ambiance hautement nostalgique, avec des admirateurs qui dansaient le poing en l'air au son des Courage, Ahead By A Century et New Orleans is Sinking.

Death Cab For Cutie a été légèrement importuné par des problèmes de sons, pendant qu'on préparait l'autre scène principale pour l'orgie visuelle du spectacle des Flaming Lips.

Au moment d'écrire ces lignes, Wayne Coyne et sa bande comblaient l'assistance de bonheur en interprétant l'intégrale de l'album The Soft Bulletin, paru en 1999. Un couple allait monter sur scène... pour se marier!

Parlez-nous d'un spectacle de clôture avec des éclairages psychédéliques, des confettis, des danseurs sur scène et un Wayne Coyne qui faisait interagir la foule et qui la mettait complètement dans sa poche... au point de lui demander de simuler un cri d'orgasme!

À l'an prochain, Osheaga.

- Avec la collaboration d'Alain Brunet