Le plus important festival de blues du pays amorce sa 17e présentation le 9 juillet avec un contingent d'artistes venus des quatre coins du monde. Pendant 10 jours, 160 concerts, petits et grands, en périphérie du blues ou dans son épicentre, sont au programme. Coup d'oeil.

Claude Côté, collaboration spéciale LA PRESSE

Avec comme toile de fond la Louisiane et sa nappe de pétrole maudite, son charismatique porte-parole Zachary Richard, ses concerts de retour au sommet du mont Tremblant et ses ateliers quotidiens, la grande bringue annuelle du blues fait saliver. Pour avoir assisté aux 16 premières présentations dans le resort touristique d'Intrawest, la nationalité des protagonistes est plus que jamais diversifiée.

 

Mr. Boogie Woogie est hollandais, le guitariste Mason Rack, australien, la pianiste Julie Brunetaud est bleue comme ses Bleus déchus, le guitariste Alberto Columbo d'Italie, Matt Schofield est anglais, décidément, les enfants de la balle font de ce festival un Mondial du blues!

Babe Ruth, la formation rock originale, que j'ai vue au CEPSUM en 1975 avec sa fougueuse chanteuse Janita Haan, nous jouera The Mexican, «samplé» à outrance par les DJ d'aujourd'hui. Bonerama, meilleur groupe soul-funk de La Nouvelle-Orléans, plongera tête première dans l'univers des Meters, Eric Lindell du même patelin, avec son «blue eyed soul» offrira les chansons de Between Motion and Rest, son plus récent disque, la chanteuse Janiva Magness, peau d'ivoire et coeur d'ébène, grande championne des galas blues, est la «B.B. King Entertainer of the Year». Dans son cas, on parle d'une battante, épreuves de la vie à la clé, refusant avec hargne toutes lectures passéistes de la note bleue. Une contemporaine, quoi!

Et que dire de Roy Rogers, maître de la guitare slide californien, qui a produit The Healer de John Lee Hooker, sinon qu'il amène toujours avec lui sa fascinante lutherie éprouvée par le temps. Une sommité, un seigneur de la glisse.

Le guitariste Kenny Wayne Shepherd de Shreveport en Louisiane va nous démontrer pourquoi notre Bobby Bazini à nous a encore quelques croûtes à manger. De jeune prodige il y a 20 ans, son art s'est raffiné, sa guitare Fender (fabriquée à son nom!) évite les pièges de l'esbroufe. Jadis en lever de rideau de Bob Dylan et des Rolling Stones, il est LA tête d'affiche de cette 17e présentation.

Quoi d'autre? Sur la scène Volks: Zachary Richard (le 14 juillet) et le spectacle de Voice of the Wetlands Allstars (le jeudi 15 juillet), mettant en vedette Tab Benoit, guitariste et chanteur louisianais de son état et surtout porte-parole de la cause environnementale dans les bayous, un peu occupé ces temps-ci... Pour voir Big Chief Monk Boudreau et son costume à plumes. Pour voir une authentique bande d'engagés à la cause, des créoles, des cajuns, qui sortent rarement de la Louisiane.

Tous les spectacles sont gratuits sauf ceux dans les bars sur le coup de 23h.

Le 17e Festival international de blues de Tremblant, du 9 au 18 juillet; infos: www.tremblantblues.com