Présidente de Communication Jeunesse depuis 2005, l'auteure de La fée des dents m'a posé un lapin a reçu de nombreuses récompenses, dont les prix Alvine-Bélisle et Cécile-Gagnon et celui des Bibliothèques de la Ville de Montréal. Elle est aussi rédactrice de matériel pédagogique.

Mis à jour le 14 nov. 2011
Marie-Claude Fortin LA PRESSE

Que recherchez-vous, en tant que lectrice, quand vous fréquentez un salon du livre?

Un salon du livre, c'est une immense librairie dans laquelle je peux flâner pendant plusieurs jours. Je visite, en priorité, les stands des petits éditeurs qu'on trouve plus difficilement en librairie. Je cherche l'inusité, le livre audacieux, produit en petite quantité, l'objet singulier qui prendra place dans ma collection de livres jeunesse.

Que lisez-vous quand vient le temps de vous évader?

Lire, peu importe le genre ou le support, est pour moi une occasion d'évasion. Par contre, quand je n'ai pas beaucoup de temps, j'apprécie particulièrement la nouvelle, pour sa capacité à me faire entrer dans un univers complet en peu de temps. Le dernier recueil de nouvelles qui m'a procuré ce plaisir de la brièveté est celui de Claire Castillon, On n'empêche pas un petit coeur d'aimer.

Quel serait l'auteur qui, selon vous, représente le mieux notre époque?

Je pense que seul l'avenir nous le dira!

Y a-t-il un livre ou un auteur qui vous a donné envie de vivre dans un autre siècle?

Je n'ai pas ce penchant nostalgique! Je me trouve assez privilégiée d'être née à notre époque. Par contre, j'aime bien lire des romans qui me font découvrir comment on vivait en d'autres temps et qui m'aident à mieux comprendre le monde d'aujourd'hui. J'apprécie aussi les romans d'anticipation, qui me permettent de réfléchir à certains travers de notre époque actuelle. Un roman qui m'a particulièrement marquée, en ce sens, est La servante écarlate, de Margaret Atwood.

Quel est le classique que vous auriez envie de relire?

Les classiques de notre littérature jeunesse d'ici! Quand on pense «classique», on se réfère trop souvent à des oeuvres étrangères. J'estime que notre patrimoine littéraire pour la jeunesse est d'une grande richesse (pour les jeunes qui sont nés ici, mais également pour les nouveaux arrivants qui peuvent y trouver des éléments pour mieux comprendre la culture et l'évolution de leur société d'accueil) et qu'il est insuffisamment mis en valeur. Dans cette optique, j'aimerais relire et faire lire Le dernier des raisins, de Raymond Plante, qui fête cette année son 25e anniversaire de parution. J'aimerais aussi amener des jeunes à découvrir des oeuvres écrites par des pionnières de notre littérature jeunesse: Monique Corriveau, Paule Daveluy, Cécile Gagnon, Suzanne Martel, pour n'en nommer que quelques-unes.

Qu'est-ce qui donne à un roman son caractère impérissable?

Pour moi, le caractère impérissable d'un roman réside dans le fait qu'il puisse être lu plus d'une fois et que chacune de ces relectures soit l'occasion de nouvelles découvertes. Souvent, un livre de ce niveau fait également naître le besoin d'échanger avec d'autres lecteurs afin de confronter nos différentes interprétations. Ces discussions viennent enrichir notre première réception du roman et nous incitent, inévitablement, à en entreprendre à nouveau la lecture!

>> Danielle Vaillancourt s'entretiendra avec Élaine Turgeon mercredi, 10 h 30, et jeudi, 11 h, au Carrefour Desjardins.