Michel David, à titre posthume pour Un bonheur si fragile, et Kim Thuy, pour Ru, ont remporté samedi le Prix du Grand Public La Presse du Salon du livre de Montréal.

Mis à jour le 20 nov. 2010
Daniel Lemay CYBERPRESSE

Dans la catégorie Littérature, les votants, internautes et lecteurs de La Presse, ont choisi le tome 4 de la sage Un bonheur si fragile (Hurtubise) mais il est permis de penser qu'ils ont aussi voulu rendre hommage à l'auteur prolifique qu'était Michel David, emporté par le cancer en août dernier à la veille de ses 66 ans.

 

 

 

«Mon père n'était pas homme à rechercher l'attention mais il aurait apprécié cette marque d'affection du public», a déclaré Jean-Michel David en acceptant avec élégance le prix au nom de son père. Dont il s'apprête d'ailleurs à suivre la trace avec la publication prochaine de son premier roman. D'un genre différent  de ceux de son père qui faisait évoluer ses personnages, Mitaines et autres Amédée, dans le Québec rural du début du siècle dernier. Les volumes des autres sagas de Michel David - Chère Laurette, À l'ombre du clocher, etc. - se sont écoulés à plus de 800 000 exemplaires et l'éditeur Hurtubise a annoncé après son décès que l'ancien professeur de français avait laissé de nombreux autres écrits qui seront publiés plus tard. Le dernier tome d'Un bonheur si fragile est paru le 10 novembre.

Kim Thuy, elle, a connu une semaine de rêve qui a commencé mardi avec le prix du Gouverneur général, décerné par un jury de pairs, et s'est terminée samedi avec ce prix du public doté de 2000 $. Dans la colonne des plus, ça lui fait une semaine de 27 000 $.

Le problème, si on peut parler de problème, est que l'on peut difficilement placer le livre primé de Mme Thuy - une histoire de boat people qui est celle de sa famille immédiate - dans la catégorie Essai / Livre pratique. «Je suis un peu mal à l'aise devant les autres candidats», nous disait hier l'auteure d'origine vietnamienne en expliquant que Ru n'était ni un essai ni un livre pratique mais «quelque chose entre un roman et un récit».

Johanne Guay, l'éditrice de Libre Expression, avait souligné à la direction du Salon du livre le caractère incongru de la présence de Ru dans la catégorie Essai/Livre pratique (voir salondulivredemontreeal.com/concoursgrandpublic) . «À l'Association des libraires (qui prépare les listes basées sur les ventes), on m'a expliqué que, aux fins de ce concours, un récit n'est pas considéré comme une oeuvre littéraire. Ça m'a un peu surprise.»

Quoi qu'il en soit, Kim Thuy reçoit un troisième prix, après le GP RTL-Lire au Salon du livre de Paris en mai et le «G.G.» de la catégorie Roman et nouvelle. «Je m'attarde plus aux mots qu'à l'histoire. Quant au reste, pour moi, une histoire est vraie à la minute qu'on l'écrit.»