Le photographe Benoît Aquin a remporté hier soir le prix Pictet, présenté à Paris par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. En plus du prestige, le Montréalais repart avec la plus grosse bourse offerte pour un prix de photographie.

Mis à jour le 31 oct. 2008
Catherine Handfield LA PRESSE

Le prix Pictet vise à récompenser le travail des photographes qui oeuvrent pour la cause environnementale. Le gagnant de ce concours, organisé par le Financial Times et la banque suisse Pictet, reçoit 100 000 francs suisses (94 000 $ CAN). Inutile de préciser que le concours est prisé.

 

Cette année, les juges ont sélectionné parmi les 250 soumissionnaires l'oeuvre du pigiste Benoît Aquin, qui a présenté une série de photos prises en Chine en 2006 et en 2007. Le thème du concours était l'eau, M. Aquin l'a représenté par la sécheresse.

«Mes images montrent la désertification en Chine à cause de mauvaises pratiques agricoles, a expliqué hier à La Presse Benoît Aquin. Elle montrent la tragédie engendrée par le manque d'eau.» Ses photos ont été publiées pour la première fois l'an dernier dans le magazine canadien Walrus. Elles étaient accompagnées du reportage du journaliste Patrick Alleyn.

Bons mots de Kofi Annan

«C'est grâce à l'eau, comme les images de cette collection l'illustrent, que nous voyons les manifestations précoces et dévastatrices des changements climatiques, l'une des plus grandes menaces pour la planète», a déclaré Kofi Annan, lors de la cérémonie qui avait lieu au Palais de Tokyo, à Paris.

La remise des prix a été suivie par un vernissage, auquel le gagnant et la majorité des 16 autres finalistes ont assisté.

Benoît Aquin, âgé de 45 ans, a publié ses images dans le Time Magazine, Canadian Geographic, Wired, et The Guardian, notamment.

Certaines ont également paru dans La Presse. On a pu voir son travail en décembre dernier à l'occasion d'un reportage sur la sécheresse du fleuve Colorado, et en octobre 2005 lors de la publication d'un reportage sur le réchauffement climatique du Grand Nord québécois en octobre 2005.

«Il y a sept ou huit ans, c'était difficile de diffuser des reportages sur l'environnement dans les médias, notre travail n'était pas valorisé, a dit Benoît Aquin. Mais ce genre de prix valide le travail des photographes qui cherchent à sensibiliser les gens à l'environnement.»

Avec Nicolas Bérubé