On se plaint souvent de manquer de lumière en hiver. Le Partenariat du Quartier des spectacles invite les Montréalais à une véritable séance de luminothérapie collective cet hiver. Après avoir évalué huit propositions d'animation du centre-ville durant la période des Fêtes, la firme Lucion Média a été retenue pour créer, avec Sphères polaires, une atmosphère nordique et ludique sur la place des Festivals. Il y aura deux autres animations, a appris La Presse, à l'UQAM et sur la place Émilie-Gamelin, où la lumière viendra des coups de pédale des visiteurs enfourchant des Bixi!

Publié le 25 nov. 2010
Éric Clément LA PRESSE

Grâce à des technologies modernes, Sphères polaires permettra aux passants, du 15 décembre au 15 février, de s'amuser avec des sphères géantes très originales, faisant de l'environnement de la Place des Arts et du Musée d'art contemporain un nouveau territoire magique et féérique.

Lucion Média fait appel à des mobiles, des projecteurs d'éclairage, des panneaux DEL, des détecteurs de mouvement et des haut-parleurs, le tout pour faire «vivre» 25 sphères en vinyle interactives et éclairées de 10 à 32 pieds de diamètre.

Fondateur-directeur artistique de Lucion Média et producteur de Sphères polaires, Bernard Duguay dit que quand on s'approchera de la sphère, «les détecteurs de mouvement déclencheront des séquences lumineuses, auditives et vidéo».

«Les sphères s'enverront des sortes de balles de neige de l'une à l'autre en passant à côté, dit M. Duguay. On pourra aussi déclencher des bruits d'autobus qui passent ou d'automobiles qui ne démarrent pas!»

Pionnier des remix et des manifestations flyées, Pierre Gagnon est le directeur musical et scénographe de Sphères polaires, responsable de la fabrication des sphères et de l'intégration des techniques. «Les sphères ont été créées au bain Mathieu par la Société pour promouvoir les arts gigantesques, dit-il. Elles sont de trois sortes: chacune a sa propre identité et sa propre expérience visuelle et sonore. Certaines contiennent des mobiles avec des plateaux tournants créant des ambiances.»

L'installation explorera trois thèmes: les jeux d'hiver, les lumières d'hiver et l'hiver en ville, avec trois ambiances différentes. La musique atmosphérique est inspirée des oeuvres de Wendy Carlos. «Notre installation est à la fois high tech et low tech, dit Pierre Gagnon. On a cherché quelque chose de pas compliqué mais de ludique.»

Sphères polaires sera visible jour et nuit, mais l'installation sera à son maximum d'interactivité de 16 h à minuit.

Les Bixi à contribution

Deux autres animations seront organisées. On retrouvera Champ de pixels place Émilie-Gamelin du 15 décembre au 9 février. Il s'agit du même concept que l'an dernier sur la place des Festivals, une installation de plusieurs centaines de sources lumineuses et interactives. Mais cette année, les vélos Bixi font partie de l'animation: le lieu sera alimenté par des volontaires qui pédaleront pour recharger les batteries de l'installation.

«Leur effort influencera aussi les pixels, donc ça montrera que l'installation n'est pas énergivore, dit Jean Beaudoin, de la firme Intégral, un des deux concepteurs, avec son associé Eric Villeneuve. Si, en plus, on peut aussi avoir, comme l'an passé, des artistes qui viennent faire une oeuvre sur l'oeuvre, on sera heureux.»

La troisième animation illuminera la façade de l'ex-église Saint-Jacques intégrée à l'UQAM, rue Saint-Denis. Sous la direction artistique de Jimmy Lakatos, plusieurs artistes éclaireront le clocher de multiples projections de la mi-décembre au début mars, comme cela a été fait par les Français Julien Pavillard, de la firme Congo Bleu, et Jean-Yves Soëtinck, de L'Acte Lumière, lors de la dernière Nuit blanche.