Au milieu de l'église Saint-Jean-Baptiste du Plateau-Mont-Royal, sous une statue de Jésus et de la Vierge Marie, le chanteur et comédien Luck Mervil a annoncé hier qu'il change de vocation.

Laura-Julie Perreault LA PRESSE

Il entend mettre de côté sa carrière artistique et quitter son poste de porte-parole du Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) pour se consacrer «corps et âme» à un nouveau projet dans son Haïti natal.

«Nous voulons reconstruire le monde, en commençant par Haïti», a lancé un Luck Mervil survolté après avoir fait une courte présentation de la fondation Vilaj Vilaj, qu'il travaille à mettre sur pied depuis six mois.

D'ici un an, le chanteur et son équipe projettent de construire le premier «village du monde» modèle dans une commune d'Haïti. Au coeur de cette agglomération, qui abritera 5000 personnes, se trouveront quelque 800 maisons construites à partir de conteneurs.

Sur les plans présentés hier, on voit aussi des terres agricoles, des marchés publics, des terrains de sport. «Ce sera plus qu'un village, ce sera un pôle économique», a exposé Luck Mervil.

Hier, un premier prototype de maison était installé juste à côté de l'église de la rue Rachel. Muni de lits et d'une table escamotable, le conteneur converti peut abriter une famille de six personnes, a expliqué Gilles Robitaille, de Constructions nomades, une firme des Laurentides. Un conteneur adjacent abritera une salle de bains et des lavabos. Des panneaux solaires permettront à la maison d'être autosuffisante au point de vue énergétique. Selon l'architecte qui supervise le projet, Ron Rayside, le tout résistera à la fois aux tremblements de terre et aux ouragans. «Ce que nous allons faire va être mieux qu'à New York, mieux que dans les grandes villes», s'est enthousiasmé Luck Mervil hier.

25 millions à recueillir

Pour bâtir le premier village, la fondation devra recueillir 25 millions de dollars. À titre de comparaison, au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier, le CECI, dont Luck Mervil était alors le porte-parole, a amassé 13 millions. «Nos bailleurs de fonds, ce seront 7 milliards de personnes», a dit M. Mervil, annonçant du coup qu'il n'acceptera pas un sou des gouvernements. «Les gouvernements ont leur propre intérêt à coeur», a-t-il justifié.

Après Haïti, le monde

Le chanteur, qui doit se rendre à Haïti avec une équipe demain pour jeter les premiers jalons du projet, se défend d'être utopiste. «Nous avons déjà des terres et des contrats signés», a-t-il soutenu. Le lieu où sera bâti le premier village sera annoncé plus tard, selon la relationniste de presse de Vilaj Vilaj, Carla Beauvais.

Luck Mervil n'a pas de petites ambitions pour sa fondation. «On veut régler les problèmes d'Haïti au complet», a-t-il lancé, convaincu. Après? «Demain, ce sera l'Afrique et l'Amérique latine.»