La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a confirmé ce vendredi matin la nouvelle parue dans La Presse selon laquelle le Vivier, un collectif regroupant 22 organismes de musiques nouvelles, occupera désormais les locaux de la bibliothèque Saint-Sulpice dans le centre-ville de Montréal.

Mis à jour le 23 avr. 2010
Éric Clément LA PRESSE

Mme Saint-Pierre a été littéralement ovationnée par les créateurs et responsables de ces organismes, lors de la conférence de presse qui se tenait à 10 h dans l'ancienne bibliothèque des Sulpiciens. Émue aux larmes, tout comme bien du monde dans l'assistance, la ministre était visiblement fière d'être parvenue à éviter à cet édifice patrimonial d'être vendu au secteur privé.

Elle a rendu hommage à l'ex-ministre Monique Jérôme-Forget qui a, a-t-elle dit, «tout de suite compris» l'importance que la bibliothèque Saint-Sulpice puisse conserver sa vocation d'édifice culturel. Elle a expliqué que le choix du ministère s'est porté sur le Vivier surtout parce qu'il s'agissait du projet «aux coûts les moins élevés» par rapport aux 17 autres propositions de vocation. Le ministère tenait aussi que les lieux soient en permanence ouverts au public.

Le ministère a donc accordé son accord de principe à la mise aux normes et à la rénovation des lieux, ce qui coûtera plus de 5 millions $. Un appartement situé aux étages de l'édifice sera transformé en ateliers d'artistes.

«Une ère nouvelle vient de s'ouvrir, a dit la présidente du Vivier, Danielle Palardy Roger. Nous avons maintenant pignon sur rue, et quel pigon! Nous représenterons une véritable ruche dont le bourdonnement rayonnera sur la scène internationale.»

Mme Palardy Roger a dit à La Presse qu'elle espère que les premiers spectacles des organismes de musiques nouvelles (contemporaines, électroniques, etc) seront offerts au public lors de la saison 2012-2013. Le Vivier pourrait organiser quelque 200 spectacles par année. Le Vivier assumera les frais de fonctionnement de l'édifice et l'État prendra en charge tout le reste.

Isabelle Bozzini, du quatuor Bozzini, membre du Vivier, était ravie de cette nouvelle. «Jusqu'à présent, on devait louer des espaces, aller à la chapelle Saint-Louis ou à celle du Bon Pasteur. C'était compliqué. Et il y a peu de salles de musique de chambre de qualité à Montréal. Là, on aura un lieu de regroupement. C'est très bien.»

Gérald Tremblay, le maire de Montréal et maire de l'arrondissement de Ville-Marie, où se situe la bibliothèque Saint-Sulpice, n'était pas présent, ni aucun des conseillers municipaux de l'arrondissement. Par contre, le directeur général de la Société de développement du Quartier latin, Claude Rainville, a souhaité réagir à cette nouvelle, comme l'avaient fait, dans La Presse de ce matin, Héritage Montréal et le Partenariat du Quartier des spectacles.

«La Société de développement du Quartier latin, au nom de sa communauté d'affaires, se réjouit de cette nouvelle confirmant ainsi davantage le positionnement culturel du pôle Est du Quartier des spectacles, a dit M. Rainville. Le Monument Saint-Sulpice est un des joyaux du patrimoine montréalais et du Quartier latin. Nous sommes heureux de voir enfin naître une nouvelle vocation culturelle pour cet édifice et nous en remercions la ministre St Pierre».