Edith Butler et Robert Charlebois auront une chose en commun à célébrer le 2 juillet: ils seront les deux premiers chanteurs francophones du pays à voir leur visage sur un timbre émis par Postes Canada.

LA PRESSE CANADIENNE

«Je suis maintenant un homme de lettres», s'est exclamé Charlebois, interviewé quelques jours avant la «première» journée de mise en vente des timbres de 54 cents à l'effigie de l'Acadienne et du Québécois. Deux autres artistes du Canada anglais, l'auteur-compositeur-interprète torontois «Stompin» Tom» Connors, qui verse dans la musique country, et le rockeur Bryan Adams, auront aussi leur timbre commémoratif de la série sur les artistes canadiens de la chanson.

Charlebois rigole beaucoup quand il parle de «cet honneur, cette espèce de reconnaissance» qu'on lui témoigne.

«J'ai accepté avec plaisir, humilité et simplicité», a-t-il dit, en ajoutant qu'il était toutefois «déçu» de ne pas avoir sa bouille sur un billet de 20 $.

«La prochaine lettre, je vais l'expédier à des amis en France avec ma face sur l'enveloppe. Aux États-Unis, ils l'ont fait (émettre un timbre commémoratif) avec Mickey Mouse, Frank Sinatra et Marilyn Monroe, et je leur dirai maintenant, c'est moi», plaisante Charlebois, qui vient tout juste d'avoir 65 ans et qui n'a pas l'intention de prendre sa retraite.

Pour le timbre, une photographe a pris une photo «toute simple» du célèbre auteur-compositeur et interprète québécois plus tôt cette année.

Ceux qui voudront placer l'effigie des artistes dans le coin droit supérieur d'un envoi postal, devront acheter un livret de huit timbres à compter de jeudi prochain.

Mais il faudrait faire vite, car même si on émet un million de timbres pour chacun des artistes retenus, il y a rapidement rupture de stock et il n'y a pas de réimpression.

Il y a deux ans, Postes Canada avait lancé l'idée d'une première série de timbres dédiés à des chanteurs. Mais aucun francophone n'était de cette première collection mettant en vedette Anne Murray, Joni Mitchell, Paul Anka et Gordon Lightfoot, et certains avaient protesté.

«Ca tombé comme ça», a expliqué Nicole Lemire, la porte-parole de Postes Canada, ajoutant «que l'on ne pige pas au hasard».

Le comité qui fait la sélection des artistes doit tenir compte de plusieurs critères, dont un ayant trait à la notoriété des personnes retenues.

«Il faut que l'artiste soit reconnu par une majorité de Canadiens. La personne doit aussi avoir obtenu l'Ordre du Canada et accepter de revenir sur la place publique avec l'émission du timbre. De plus, le Canada est un grand pays, il faut considérer toutes les provinces, les deux langues officielles», a ajouté Mme Lemire.

«De plus, poursuit-elle, il faut tenir compte d'une période de deux ans pour mettre en branle le processus de création d'un timbre», de préciser Mme Lemire.

Edith Butler est aussi fort heureuse d'obtenir cette nouvelle reconnaissance, après avoir raflé, au début mai, le prix du gouverneur général pour les arts de la scène.

«C'est aussi un bel honneur mais dépêchez-vous à  acheter les timbres le 2 juillet», a mentionné celle qui a créé pas moins de 250 chansons au cours sa carrière.

Mme Butler, âgée de 66 ans, qui est devenue officier de l'Ordre du Canada en 1975, parle en connaissance de cause car petite, elle adorait collectionner les timbres.