L'ancienne bibliothèque centrale de Montréal retourne à ses premières amours culturelles. Inauguré hier, le 1210, rue Sherbrooke Est, qui a été restauré au coût de 3,1 millions, portera désormais le nom du poète Gaston Miron.

Mis à jour le 24 févr. 2009
Mario Cloutier LA PRESSE

Abritant des fonctionnaires municipaux depuis plus de trois ans, l'édifice Gaston-Miron logera désormais le Conseil des arts de Montréal et le Conseil du patrimoine. Il accueille l'organisme Diversité artistique Montréal et comprend des salles de répétition, dont celles des Ballets jazz de Montréal. L'immense atrium servira, quant à lui, d'espace d'exposition.

Le maire Gérald Tremblay s'est dit heureux que ce «carrefour de savoir et de loisir» conserve sa vocation culturelle. La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, croit d'ailleurs que Montréal a «grand besoin de réalisations comme celle-ci».

Les coûts de la restauration de l'édifice, inauguré d'abord en 1917, s'inscrivent au Plan triennal d'immobilisation de la Ville. Les travaux ont profité également d'une subvention du Forum des équipements culturels, une instance réunissant le ministère de la Culture et l'administration municipale.

Suivie en soirée par un spectaculaire cocktail d'ouverture réunissant plus de 200 personnes, l'inauguration en début de journée hier a attiré de nombreux artistes et leaders de la communauté culturelle, comme la danseuse Marie Chouinard et le président de Spectra Alain Simard, ainsi que le comédien Pierre Lebeau qui a lu La marche à l'amour de Gaston Miron.

Des membres de la famille du poète disparu étaient également présents hier matin. Émue, sa soeur, Denise Miron-Lévis, a tenu à souligner cet hommage tout à fait approprié, selon elle.

«Nous sommes particulièrement heureux de voir son nom associé à un édifice de Montréal où il a passé la plus grande partie de sa vie», a-t-elle souligné.

Conseil des arts

La présidente du Conseil des arts, Louise Roy, a souligné que l'édifice, qui a marqué la vie culturelle des Montréalais en tant que bibliothèque centrale - aujourd'hui fusionnée avec la Grande Bibliothèque du Québec - continuerait sa vie culturelle.

«C'est un lieu vivant de créativité artistique, a-t-elle indiqué. Ce lieu appartient aux artistes, au public et à la communauté.»

La Maison du Conseil des arts, qui loge maintenant dans l'édifice Gaston-Miron, offre aux artistes et aux groupes des salles de répétition et de conférence à prix abordables. On y tiendra une première exposition dans l'atrium en réunissant 22 des 23 oeuvres primées par le Grand Prix de l'organisme subventionneur.

La présidente du Conseil du patrimoine, Marie Lessard, se disait de son côté aussi satisfaite de voir la Ville conserver les vocations culturelle, patrimoniale et publique de l'édifice qui compte encore plusieurs lustres et vitraux d'origine.

«Nos locaux ont été réaménagés avec le mobilier de l'ancienne bibliothèque, a-t-elle précisé, nous offrant ainsi une atmosphère de travail propice à nos fonctions de préservation du patrimoine.»