C'est maintenant au tour de l'Union des artistes (UDA) de refuser les interviews au Journal de Montréal, en lock-out depuis plus d'une semaine.

Paul Journet LA PRESSE

«On a refusé de répondre à leurs questions sur le budget fédéral la semaine dernière. On refusera aussi les autres demandes. Notre raisonnement est assez simple. Nous sommes un syndicat, et pour un syndicat, le recours au lock-out n'est pas bien vu», justifie Raymond Legault, président de l'UDA.

 

Aucun mot d'ordre ne sera toutefois donné aux membres de l'organisation. «C'est extrêmement délicat, explique-t-il. Le Journal de Montréal appartient à Quebecor, qui possède entre autres TVA, plusieurs publications, des compagnies de distribution de disques (Musicor) et Archambault aussi. Si un artiste prend position dans le conflit, il pourrait fort bien en subir les conséquences. Et bien sûr, ce serait difficilement prouvable. Car un travailleur autonome, c'est n'est pas comme un salarié. On n'a qu'à ne pas le rappeler, et pour cela, on peut évoquer plusieurs raisons.»

M. Legault dit avoir reçu les appels «d'un ou deux artistes bien reconnus qui étaient prêts à prendre position». Il indique ne pas avoir essayé d'orienter «leur choix personnel». Il concède que si un artiste établi refuse les interviews du Journal, il risque ainsi de mettre de la pression sur ses pairs.

«Les artistes qui nous ont contactés étaient soucieux de ce problème. Ils se disaient: si je le fais, est-ce que d'autres artistes moins établis se sentiront alors mal eux aussi d'accorder des interviews? Ce sont ces artistes moins connus qui souffriraient le plus des possibles contrecoups.»