« Je suis sur la route pour aller à notre tournoi de golf annuel, le premier évènement en présentiel que nous organisons depuis le début de la pandémie. » Voilà comment Stefan Psenak, directeur général de la Chambre de commerce de Gatineau, commence l’entrevue avec La Presse.

Martine Letarte
Martine Letarte Collaboration spéciale

Il a une pointe d’excitation dans la voix, même si le tournoi ne peut être suivi d’un 5 à 7 ou d’un banquet en raison des règles sanitaires. À ce sujet, il s’avoue déçu de voir que la vaccination massive de la population et l’instauration du passeport vaccinal ne permettent pas de revenir à « une forme de normalité ».

Par exemple, pour la deuxième année de suite, la Chambre de commerce de Gatineau tiendra son Gala Excelor en ligne à la fin de novembre, alors qu’il accueille normalement 1000 personnes au Casino du Lac-Leamy.

L’an dernier, l’équipe a fait un travail extraordinaire pour présenter l’évènement en ligne à quelques jours d’avis et ça a bien fonctionné, mais cela ne remplacera jamais le grand souper-spectacle où les gens se rencontrent, échangent, créent des liens.

Stefan Psenak, directeur général de la Chambre de commerce de Gatineau

Les bureaux aussi demeurent vides. « Gatineau, qui est à proximité d’Ottawa, a normalement 32 000 fonctionnaires qui y travaillent chaque jour, ajoute Stefan Psenak. Ça fait très mal à l’économie de jour du centre-ville, et il y a encore beaucoup d’incertitude à savoir quand les gens reviendront massivement dans les bureaux. »

Ce centre-ville délaissé a évidemment un impact sur les évènements organisés par les entreprises dans les hôtels de Gatineau.

« Les clients anticipent la quatrième vague, il y a beaucoup de résistance, alors ils ne veulent pas s’engager pour des évènements dans le long terme, mais nous avons quelques réservations de dernière minute », affirme Pascale Sophie Bélanger, directrice du développement des affaires au Best Western PLUS Gatineau-Ottawa Hôtel et Centre de conférences.

La villégiature recherchée

PHOTO FOURNIE PAR LE FAIRMONT CHÂTEAU MONTEBELLO

La demande pour des séjours à la campagne fait des heureux au Fairmont Château Montebello.

Si le centre-ville de Gatineau vit des moments difficiles, les lieux de villégiature tirent mieux leur épingle du jeu. Au Fairmont Château Montebello, par exemple, le téléphone a recommencé à sonner en juin, lorsque le gouvernement a allégé les règles.

« Il y a tellement de demandes que nous avons de la difficulté à y répondre, mais tout s’organise à la dernière minute et on sait très bien que tout peut être annulé si les règles changent encore », indique Nathalie Beauchamp, directrice, ventes et marketing.

Mais pour l’instant, les entreprises sont nombreuses à tenir des réunions d’équipe.

J’ai l’impression qu’organiser des réunions dans un site de villégiature est une façon, pour les employeurs, de remercier leurs employés alors que la situation est toujours difficile avec la pandémie. D’autant plus qu’il n’y a pas eu de vrai party de Noël.

Nathalie Beauchamp, directrice, ventes et marketing, Fairmont Château Montebello

Par contre, le site de villégiature, avec ses 20 000 pi2 d’espace pour tenir des réunions, est encore loin d’accueillir une clientèle internationale. « Actuellement, nos groupes viennent du Québec et de l’Ontario, précise Nathalie Beauchamp. Il y a encore beaucoup d’incertitude avec la quatrième vague, alors on s’adaptera selon l’évolution de la situation. »