« Secouer les troupes. » « Repartir la machine. » On croirait entendre un grand motivateur lors d’une réunion d’affaires. Or, dans ce cas bien précis, ces propos sont formulés par la directrice des ventes de l’hôtel Estérel Resort.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

« Ça fait 18 longs mois qu’il n’y a pas d’évènements corporatifs, relève Lynn Latour. Il faut retrouver nos réflexes si on veut bien accueillir notre clientèle, qui a hâte de se retrouver en personne dans nos salles de réunion. »

Elle ajoute : « On a connu des temps difficiles [depuis le début de la pandémie], on a dû annuler des ententes commerciales avec nos clients. À vrai dire, on est devenus malgré nous des spécialistes du report d’évènements. »

En dépit de ces contraintes, la directrice, qui œuvre à l’Estérel Resort depuis 30 ans, reste positive pour la suite des choses. Optimiste, elle prévoit un automne fort occupé, sur le plan de la clientèle d’affaires.

« Le téléphone sonne. Des groupes d’employés appellent pour réserver. On devrait connaître un gros mois d’octobre. C’est comme une réouverture d’hôtel ! »

Des contraintes… imprévisibles

Bien que l’automne s’annonce prometteur, Lynn Latour demeure prudente. « Tout peut changer à tout moment, dit-elle en soupirant. Nous sommes dépendants des directives [de la Santé publique]. Ça peut faire toute la différence dans nos projections budgétaires. »

Nous en sommes rendus à travailler sur plusieurs plans à la fois. Nous avons un plan A, un plan B, un plan C… et j’en passe ! On a du mal à s’y retrouver et à bien informer nos clients, qui veulent savoir comment ils peuvent participer à des réunions selon les règles sanitaires.

Danièle Bouchard, directrice des ventes et du marketing au Grand Lodge Mont-Tremblant

Fait encourageant : les dirigeants d’entreprises sont de plus en plus nombreux à réserver des salles de réunion afin de permettre à leurs employés de se réunir autrement qu’en mode virtuel.

« Nous avons beaucoup de demandes de dernière minute, on n’avait pas vu ça auparavant, précise la directrice. On parle de réservations de deux ou trois jours, pour des groupes de 15 à 30 personnes, parfois un peu plus, parfois un peu moins. »

Pénurie de personnel

Il y a aussi l’enjeu du « manque de personnel » qui vient compliquer la vie des gestionnaires d’hôtels et d’auberges.

« J’en suis quasiment rendu à éplucher les patates ! », lance avec ironie la directrice du Grand Lodge, un hôtel qui compte 14 salles de réunion, 101 suites et 11 chambres.

Nous n’avons pas assez d’employés et nous ne parvenons pas à en recruter de nouveaux. Nos directeurs mettent la main à la pâte, y compris le directeur général, quand la situation l’exige.

Danièle Bouchard, directrice des ventes et du marketing au Grand Lodge Mont-Tremblant

Elle n’est pas la seule à devoir se retrousser les manches pour pallier l’insuffisance d’employés. « C’est la réalité qu’on vit [à L’Estérel], expose Lynn Latour. On travaille à équipes réduites. Au lieu d’avoir 12 serveurs pour un évènement, on en a 8. Ça nous oblige à travailler autrement, nos clients en sont conscients. »

Et ça se traduit comment, dans la vraie vie ?

« Il n’y a pas de place pour l’improvisation. Tout est géré au quart de tour, la disposition des tables, des chaises. L’essentiel, c’est que nos clients vivent une expérience agréable », conclut-elle.