Pour faire face à la nouvelle réalité sanitaire – à l’obligation de présenter un passeport vaccinal –, l’industrie du tourisme d’affaires des Laurentides a décidé de regrouper ses forces vives afin de déployer une stratégie « séduction » auprès de ses clients d’affaires.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

« Une quarantaine de membres, hôteliers, auberges, organisateurs d’activités, participent à cet effort collectif, explique Manon Lefebvre, directrice du marketing à Tourisme Laurentides. On est là pour les aider à concerter leurs efforts. »

Cette aide prend la forme, notamment, d’une campagne médiatique qui mise sur la force de cette région touristique dans l’organisation de congrès et de colloques.

« Nous voulons montrer que les Laurentides sont toujours en affaires. Et on veut dire à nos clients qu’on est prêts à les recevoir. On s’est réorganisés, on a adapté le produit pour répondre aux besoins de notre clientèle. »

Le tourisme d’affaires, c’est un gros créneau, une grosse portion du chiffre d’affaires des hôteliers. En temps normal, une partie de notre clientèle provient de l’Ontario. Là, c’est concentré sur le Québec.

Manon Lefebvre, directrice du marketing à Tourisme Laurentides

Un casse-tête organisationnel

Sur le terrain, Paul Calce, directeur général à la Corporation de développement économique de la MRC des Laurentides, fait sensiblement le même constat.

« Je parle à plusieurs hôteliers et aubergistes [à Tremblant, Sainte-Adèle ou encore à Saint-Sauveur], expose-t-il. Ils me disent qu’ils ont rajusté leur tir pour tenir compte des besoins de leur clientèle. Mais pour plusieurs d’entre eux, ça demeure un méchant casse-tête, accueillir des évènements d’affaires, dans le contexte actuel. »

Il précise sa pensée : « Ce sont principalement les petits hôtels qui ont des questionnements. Ils ont du personnel supplémentaire à embaucher, du matériel pour les vidéoconférences à acheter. Ils doivent trouver du financement. Ce n’est pas toujours évident. Au bout du compte, ils veulent surtout éviter de refiler la facture à leurs clients. »

À la dernière minute

Au Manoir Saint-Sauveur, la directrice des ventes, Carole Tétrault, remarque que « les gens d’affaires sont prêts à participer à des évènements ». « Le problème, ajoute-t-elle, c’est qu’on n’est pas toujours en mesure de leur fournir toutes les informations pour bien les orienter dans leurs démarches. Il y a un problème de compréhension touchant les consignes sanitaires, le passeport vaccinal. »

Et qui sont les clients qui réservent des salles au Manoir ?

On n’est pas en train d’organiser des congrès de plus de 250 personnes. Ce sont de plus petits groupes qui assistent à des réunions stratégiques, qui tiennent des réunions du conseil d’administration. C’est clair que les dirigeants d’entreprise ont besoin de voir leur monde pour refaire les équipes.

Carole Tétrault, directrice des ventes au Manoir Saint-Sauveur

Selon ses projections, l’automne sera « occupé », mais cela n’aura rien à voir avec le chiffre d’affaires et les profits des années avant-pandémie. « Normalement, estime-t-elle, septembre et octobre sont de très gros mois pour le tourisme d’affaires. On fait quasiment notre année en deux mois. Cette année, ce sera un peu plus du tiers de notre chiffre d’affaires habituel. »

Par ailleurs, Carole Tétrault dit comprendre les appréhensions des chefs d’entreprise et des organisateurs d’évènements d’affaires qui hésitent encore avant de faire les réservations. « Ils attendent à la dernière minute, ils ont peur qu’un de leurs employés, ou un participant, soit atteint du virus [et contamine ses collègues]. Ça complique la gestion et l’organisation de ces rencontres, il va sans dire. »