La pandémie a continué d’alimenter les fluctuations sur les marchés en 2021, entraînant les titres d’entreprises québécoises à la hausse comme à la baisse. Survol des grands gagnants et perdants de l’année chez Québec inc. à la Bourse de Toronto.

Publié le 2 janvier
Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Les gagnants

Bombardier

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Le titre de Bombardier s’est apprécié de 250 % en 2021.

L’époque où l’action valait 25 cents et que les liquidités disponibles alimentaient la spéculation et les pires craintes semble plutôt loin aujourd’hui. C’était pourtant il y a à peine un peu plus d’un an. L’action de Bombardier vient de terminer l’année à 1,68 $. Le titre s’est apprécié de 250 % en 2021 et a même réintégré le principal indice de la Bourse de Toronto en septembre. Qui aurait dit il y a un an que Bombardier serait le titre québécois qui allait offrir le meilleur rendement à la Bourse de Toronto en 2021 ?

Uni-Sélect

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Installations d’Uni-Select, fournisseur de pièces d’auto de Boucherville

Le titre du fournisseur de pièces d’auto de Boucherville a déjà grandement bénéficié de l’arrivée de son nouveau PDG Brian McManus. L’annonce au printemps de l’embauche de l’ancien grand patron de Stella-Jones a eu un effet immédiat auprès des investisseurs. Le titre d’Uni-Sélect s’est ainsi multiplié par trois (217 %) en 2021. Les analystes sont unanimes et soutiennent tous que le titre demeure un achat. Ils sont six à suivre le titre. La cible moyenne de ces experts fait miroiter une appréciation de 13 % en 2022.

Bellus Santé

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’action de Bellus a gagné 166 % en 2021.

La biopharmaceutique de Laval a couronné une bonne année en présentant à la mi-décembre des résultats d’essais cliniques positifs de son produit pour le traitement de la toux chronique réfractaire. L’action de Bellus a gagné 166 % en 2021 et les analystes pensent que la montée est loin d’être terminée. Les six experts qui suivent officiellement le titre recommandent tous d’acheter et voient, en moyenne, le titre bondir de 45 % en 2022.

Produits forestiers Résolu

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Le titre de Produits forestiers Résolu a gagné 152 % en 2021.

L’action du producteur et exportateur de bois d’œuvre montréalais a gagné 152 % durant l’année. La montée fulgurante du prix du bois d’œuvre sur le marché nord-américain des matériaux en première moitié d’année était visiblement insoutenable. Le titre de Résolu en a beaucoup bénéficié et a enregistré une année d’exception en Bourse même si le prix du bois d’œuvre est revenu à une valeur plus « raisonnable » en deuxième moitié d’année. Les investisseurs accordent aujourd’hui une valeur de 1,5 milliard à l’entreprise.

Aya Gold & Silver

Le titre du producteur montréalais de métaux précieux a avancé de 148 % en 2021. La société minière détenant notamment des actifs au Maroc termine ainsi l’année avec une capitalisation boursière qui frôle le milliard de dollars. C’est donc une deuxième année boursière fantastique d’affilée pour les actionnaires de l’entreprise dont le siège social est installé à Mont-Royal. Les quatre analystes qui suivent officiellement les activités d’Aya recommandent tous actuellement l’achat du titre.

Senvest

Le holding financier montréalais est apparu sur l’écran radar de beaucoup d’investisseurs en début d’année lors des attaques contre les vendeurs à découvert sur l’action du détaillant de jeux vidéo GameStop. Senvest Capital était l’un des dix plus gros actionnaires de GameStop au moment où les attaques ont débuté et que l’action de GameStop a explosé. Le titre du gestionnaire d’investissements boursiers et immobiliers a terminé 2021 en hausse de 136 %.

Les perdants

Neptune

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Installations de Neptune Solutions Bien-Être, à Sherbrooke

La palme peu enviable du pire rendement de l’année au Québec à la Bourse de Toronto revient au fournisseur lavallois de produits à base de cannabis. L’action de Neptune Solutions Bien-Être a perdu 75 % de sa valeur en 2021 pour clôturer l’année à 50 cents. La descente a débuté à l’été en 2019 alors que le titre venait d’atteindre 8 $. Au terme d’un examen stratégique, la direction a indiqué en novembre avoir élaboré un plan pour générer des économies de coûts et structurer l’entreprise pour poursuivre la croissance et, surtout, atteindre la rentabilité.

Xebec

PHOTO TIRÉE DU SITE INTERNET DE XEBEC

Xebec est une entreprise spécialisée dans l’énergie propre.

Le fournisseur montréalais de solutions d’énergie propre a cédé 66 % de sa valeur durant l’année. La glissade a commencé tôt en début d’année et s’est accentuée après que la direction eut prévenu que les prévisions de revenus pour l’exercice ne seraient pas atteintes en raison d’éléments extraordinaires touchant son segment des technologies propres ainsi que de l’incidence de la pandémie sur ses activités. Le titre ne s’en est jamais remis depuis.

Marché Goodfood

Après une année 2020 du tonnerre où l’épicier en ligne a bénéficié des remous causés par la pandémie, un revirement de situation a été observé en 2021. Le titre de Marché Goodfood a cédé 66 % de sa valeur au cours de la dernière année. L’assouplissement des mesures sanitaires avant l’arrivée du variant Omicron a été montré du doigt pour expliquer le repli du titre. L’entreprise doit par ailleurs composer avec l’inflation des salaires, la hausse du prix des aliments, et les coûts pour développer son offre en ligne. L’intensification de la concurrence pose aussi un défi pour la suite des choses.

mdf commerce

Après avoir frôlé la barre des 17 $ en début d’année, l’action du fournisseur de plateformes de commerce électronique de Longueuil a reculé tout au long de l’année avant de clôturer 2021 à 5,64 $. Le recul pour l’année atteint 54 %. L’émission d’actions réalisée en février n’a pas été bien reçue, et le titre n’a pas été en mesure de renverser la tendance baissière par la suite. L’entreprise a néanmoins réalisé en août une acquisition d’envergure, celle de la plateforme d’approvisionnement stratégique Periscope.

Lightspeed

L’action de l’entreprise montréalaise spécialisée dans le commerce infonuagique ne s’est jamais redressée depuis l’attaque d’un vendeur à découvert américain cet automne. Cette attaque survenue peu de temps après que l’action eut touché un sommet historique de 165 $ à Toronto a provoqué une longue glissade boursière. En terminant l’année à 51,08 $, l’action enregistre un recul de 43 % pour 2021. Onze des 14 analystes qui s’intéressent officiellement à Lightspeed suggèrent l’achat.

Lion

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Usine de Lion Électrique, à Saint-Jérôme

La première année en Bourse du constructeur de véhicules lourds 100 % électriques dont le siège social est installé à Saint-Jérôme a été faite de hauts et de bas. Après avoir reçu un chaleureux accueil de la part des investisseurs au printemps, l’action de Lion a emprunté la pente descendante. Le titre a terminé 2021 en recul d’environ 40 % par rapport au prix initial de l’action à ses débuts à Toronto en mai.