(Londres) La tonne d’aluminium a atteint lundi 3525 dollars sur le marché londonien des métaux de base (London Metal Exchange, LME), culminant à son plus haut niveau historique, galvanisé par l’invasion russe en Ukraine.

Publié le 28 février
Agence France-Presse

Vers 10 h 40 (HNE), la tonne d’aluminium pour livraison dans trois mois s’échangeait à 3411 dollars sur le LME.

« Les nouvelles sanctions imposées à la Russie par l’Occident et la menace du président russe d’utiliser des armes de dissuasion ont provoqué des fluctuations considérables des prix des métaux de base », commente Daniel Briesemann, analyste de Commerzbank, ajoutant que « l’aluminium a été particulièrement touché ».

En 2021, la Russie était le troisième producteur d’aluminium au monde après la Chine et l’Inde, selon les données du World Bureau of Metal Statistics, et exporte une grande partie de sa production vers la Turquie, le Japon, la Chine, les États-Unis et l’Union européenne.  

De l’aéronautique au BTP en passant par l’agroalimentaire et l’électronique, l’aluminium est l’un des métaux les plus utilisés par diverses industries.

Des préoccupations concernant l’offre en aluminium prédominent alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie et que les sanctions occidentales contre le pays pleuvent.

Outre l’exclusion de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale, les partenaires occidentaux ont décidé de restreindre davantage l’accès de la banque centrale russe aux marchés des capitaux et de paralyser les actifs de la banque centrale russe afin d’empêcher Moscou d’y recourir pour financer le conflit en Ukraine.

Plus les sanctions infligées à Moscou seront rudes, « plus il sera difficile pour les producteurs russes de vendre leur matériel sur le marché mondial », explique Daniel Briesemann.

« En outre, on craint que la Russie ne riposte aux sanctions en limitant ou en suspendant totalement ses exportations de matières premières vers les pays occidentaux », alertent les analystes de Commerzbank.

Autre facteur de soutien des prix : les stocks d’aluminium ont de nouveau baissé, soulignent les courtiers de Marex.

L’offre pourrait cependant augmenter ailleurs puisqu’en Chine, les fonderies reprennent leur production « car les restrictions liées à protection de l’environnement sont en grande partie terminées avec la fin des Jeux olympiques d’hiver », expliquent les courtiers de Marex.

La Russie est également un grand producteur de nickel, dont le prix restait proche lundi de son plus haut depuis près de onze ans atteint vendredi, à 25 705 dollars la tonne.