Les conditions de vie jouent un rôle majeur dans le traitement de la dépendance aux drogues et la prévention de la rechute, du moins chez les souris, selon une étude réalisée par des chercheurs du CNRS et publiée dans les comptes rendus de l'Académie des sciences américaine (PNAS).

Mis à jour le 30 oct. 2008
AGENCE FRANCE-PRESSE

Pour la première fois des chercheurs de l'Institut de physiologie et biologie cellulaire (CNRS/Université de Poitiers) ont mis en évidence que «des conditions environnementales positives et stimulantes facilitent le sevrage à la dépendance à la cocaïne», selon un communiqué du Centre national de la recherche scienctifique (CNRS, France).

Marcello Solinas, Mohamed Jaber et leur équipe ont sevré des souris rendues dépendantes à la cocaïne, en les plongeant dans ce qu'ils appellent un «environnement enrichi» : grandes cages munies d'une petite maison, roue pour courir, tunnels et autres jouets «changés une fois par semaine» afin de stimuler leur curiosité et leur activité sociale et physique.

Ils ont pu constater que les souris ne montraient pas de comportements liés chez les animaux à la dépendance, comme par exemple une «préférence de place» pour la recherche de la drogue.

Selon les chercheurs, «trente jours d'exposition à un environnement enrichi abolissent complètement les comportements caractéristiques de la dépendance».

Ils expliquent ce changement par la «réduction de l'activation induite par la cocaïne d'un ensemble de structures cérébrales impliquées dans la transmission dopaminergique et ayant un rôle connu dans la rechute».

Pour les chercheurs, ces résultats, «à portée médicale et sociétale», suggèrent que «les conditions de vie des personnes dépendantes devraient être considérées comme faisant partie de leur thérapie» et qu'un «énorme effort» devrait être réalisé pour leur assurer de meilleures conditions telles que stimulation sociale, physique et intellectuelle.

«Si les conditions environnementales sont pauvres, s'affranchir de l'addiction peut être une tâche extrêmement difficile», soulignent-ils, estimant même que l'environnement «enrichi» pouvait être considéré comme «préventif».