Près de trois ans après avoir subi une greffe du triangle nez-lèvres-menton, la Française Isabelle Dinoire a expliqué lundi s'être finalement approprié ce nouveau visage, alors qu'en 2007 elle pensait ne jamais le reconnaître comme sien.

Mis à jour le 20 oct. 2008
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Oui, ça y est, il (son visage) fait partie de moi, c'est le mien. J'ai la sensation de regarder quelque chose de joli, ça va mieux de ce côté-là, mais c'est vrai qu'au début ce n'était pas facile», explique-t-elle dans une parfaite diction dans une interview à la radio RTL.

En juillet 2007, elle avait déclaré s'habituer à ce nouveau visage mais ne pas le reconnaître comme sien: «ce visage ... Ce n'est pas moi. Ce ne sera jamais moi».

Isabelle Dinoire avait reçu le 27 novembre 2005, à l'âge de 38 ans, la première greffe du triangle nez-lèvres-menton, réalisée par le chirurgien français Bernard Devauchelle à Amiens, dans le nord de la France. La jeune femme avait été défigurée par son chien, pendant la nuit, alors qu'elle était assommée de somnifères.

Aujourd'hui, elle explique avoir «fait beaucoup de kiné pour réactiver tous les muscles» et que «tout est redevenu normal question sensibilité», affirmant en parlant de cette seconde peau: «c'est comme moi, comme ma peau».

Elle explique avoir accordé cet entretien après plus d'un an de silence «parce que c'est la semaine du don d'organe» et qu'elle souhaite «à tout prix que les gens se mobilisent à ce sujet-là».

Isabelle Dinoire pense également que la greffe du visage ne doit pas rester «un sujet tabou». Elle veut «inciter les gens à réfléchir à sujet parce que ça a totalement changé» sa vie.