L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) profite de l'étude du projet de loi 41, qui élargit la pratique des pharmaciens, pour demander lui aussi plus de pouvoirs.

Paul Journet et Sara Champagne LA PRESSE

L'Ordre veut prescrire des médicaments à caractère préventif ou destinés aux plaies que ses membres soignent déjà. Il demande aussi de pouvoir prescrire des médicaments à partir de tests de laboratoire et d'amorcer des «mesures diagnostiques». «Ça aiderait à désengorger le système de santé», justifie sa présidente, Gyslaine Desrosiers.

Le projet loi 41, qu'appuie le Parti québécois, permettra aux pharmaciens de renouveler ou ajuster une ordonnance, d'interpréter des tests de laboratoire et de prescrire des médicaments pour des maux qui ne nécessitent pas de diagnostic, comme la diarrhée du voyageur. On les laissera en outre administrer un médicament à des fins éducatives - par exemple, montrer à un diabétique comment s'injecter de l'insuline. Les pharmaciens jouissent déjà de tels pouvoirs dans d'autres provinces.

Mais le projet de loi a alimenté la guerre corporatiste entre infirmières et pharmaciens. L'OIIQ veut limiter les nouveaux pouvoirs accordés aux pharmaciens.

Pas de dérive

De son côté, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) annonce qu'elle ne tolérera aucune dérive dans l'élargissement des pouvoirs des pharmaciens. Et elle prévient qu'elle n'acceptera en aucun cas que soit «pelletée» dans sa cour la responsabilité juridique, des pharmaciens associée à leurs nouveaux pouvoirs.

Dans un mémoire présenté en commission parlementaire, la Fédération exprime sans détour ses craintes de dérapage. «La formation des pharmaciens ne leur permet pas d'acquérir l'ensemble des compétences nécessaires pour poser des diagnostics. Un pharmacien ne sera jamais un médecin, et ce dernier ne sera jamais un pharmacien», prévient le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin.

Le Collège des médecins a aussi présenté un mémoire, beaucoup plus favorable. Mais le président du Collège, le Dr Charles Bernard, a rappelé que ces nouveaux pouvoirs ne permettent pas aux pharmaciens de poser des diagnostics.