L'été dernier, 106 personnes sont mortes en raison de la canicule dans la région de Montréal, la plupart du temps chez elles ou dans la rue. Ces victimes de la chaleur étaient en majorité âgées de plus de 61 ans et souffraient d'une maladie cardio-vasculaire ou mentale, selon un rapport de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal publié ce matin.

Mis à jour le 4 mai 2011
Sara Champagne LA PRESSE

Durant cette canicule, qui a duré du 5 au 14 juillet 2010, la moyenne des températures enregistrées a dépassé 33° durant le jour et n'a jamais baissé à moins de 20° durant la nuit, ce qui est exceptionnel. Mais malgré toutes les mesures déjà en place pour cibler les personnes vulnérables, l'Agence a fait son mea culpa, mercredi matin, et a dévoilé un nouveau plan d'intervention afin d'éviter que la prochaine vague de chaleur extrême ne fasse autant de victimes.

Le coroner du Québec, le Dr Paul G. Dionne, a été le premier à alerter les autorités montréalaises, l'été dernier. Il a expliqué qu'il avait été «mêlé de façon directe » à la canicule. «J'étais de garde durant cette période, et on m'a signalé plus de décès que d'habitude. J'ai vite compris que c'était lié à la canicule, qu'il s'agissait de morts accidentelles. J'ai donc été le premier à contacter les autorités concernées pour leur signifier que j'allais faire rapport et qu'il y avait des mesures à prendre», a-t-il expliqué.

Cette année, donc, en plus des autobus, il y aura des taxis à la disposition des personnes vulnérables pour les transporter dans des endroits climatisés en cas de canicule. On veut aussi s'inspirer de Toronto pour mettre en place un système d'entraide, a expliqué la Dre Lucie-Andrée Roy, responsable au Bureau des mesures d'urgence de la direction de la santé publique. Comme plusieurs personnes vulnérables vivent seules, il s'agit de les jumeler avec une personne qui pourra leur rendre visite, comme un concierge ou un voisin, pour s'assurer que tout va bien.

Le directeur de santé publique, le Dr Richard Lessard, a formulé 37 recommandations, qui ont déjà été mises en place. «C'est la première étude aussi détaillée, a-t-il affirmé. Le réseau a un rôle à jouer, mais c'est nettement insuffisant. Il y a un appel à faire à l'entourage des personnes souffrant d'une maladie cardiaque ou mentale, quitte à prendre la décision à leur place quand un transport à l'hôpital ou dans un endroit climatisé est nécessaire.»

Les médecins et les ambulanciers seront aussi mis à contribution, a-t-on aussi annoncé. Dans le cas d'Urgences-Santé, on compte leur demander des rapports deux ou trois fois par jour sur l'état des patients transportés dans les hôpitaux.

CAPSULE

Des 106 personnes qui sont mortes en raison de la canicule à Montréal en juillet 2010, 93 sont mortes à leur domicile ou dans la communauté. Il y avait deux sans-abri. Chez 55 personnes (71%), on a décelé des problèmes cardio-vasculaires (maladie coronarienne, insuffisance cardiaque); 31 personnes avaient des problèmes de santé mentale (dépression, bipolarité, toxicomanie, éthylisme), dont 13 souffraient de schizophrénie. Source : Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.