Depuis 10 ans, le nombre d'ordonnances traitées en pharmacie a presque doublé au Canada: de 272 millions en 1999, il est passé à 483 millions en 2009. Des Canadiens se voient prescrire des médicaments dont ils n'ont pas besoin. Idem pour les examens par résonance magnétique ou par tomodensitométrie, auxquels on recourt exagérément.

Publié le 28 sept. 2010
Louise Leduc LA PRESSE

Telle est la conclusion à laquelle parvient le Conseil canadien de la santé dans une étude dévoilée hier. Non seulement cet état de fait nuit aux citoyens, mais il entraîne des coûts inutiles pour le système de santé, déplore le Conseil.

L'une des sources du problème est le fait que les dossiers des patients ne sont pas encore informatisés. «Le Canada reste en arrière par rapport à de nombreux pays pour l'utilisation de la technologie de l'information pour la santé, peut-on lire. Peu de médecins de famille se servent de dossiers électroniques. Beaucoup utilisent les ordinateurs uniquement à des fins administratives.»

C'est vrai au Canada et ça l'est certainement au Québec, déplore Yves Lamontagne, président du Collège des médecins du Québec. «Ça fait des millions que l'on dépense en études de toutes sortes sur l'informatisation. Pour la seule carte à puce, on a dépensé 52 millions avant de repartir à zéro dans une tout autre direction», se désole-t-il.

Comme les dossiers ne sont pas informatisés, des patients se font prescrire toutes sortes de médicaments, d'analyses de laboratoire et d'examens radiologiques par des médecins différents. Les patients qui ont en main la liste des médicaments qu'ils prennent quand ils voient le médecin sont une minorité.